MONOGRAPHIE
DE LA COMMUNE DE TOMA
RAPPORT
DEFINITIF SAGEDECOM DREP / B.M JUILLET 2000 |
Version
électronique réalisée par la Direction du Projet Inforoute des Collectivités
Locales
Avril 2003 |
TABLE DES MATIERES
CHAPITRE I : CADRE PHYSIQUE ET ADMINISTRATIF
1.1 Cadre physique
1.1.1 Situation géographique
1.1.2 Climat
1.1.3 Relief
1.1.4 Sols
1.1.5 Géologie
1.1.6 Réseau hydrographique
1.1.7 Végétation
1.2 Cadre Administratif
1.2.1 Evolution administrative
1.2.2 Services techniques, administratifs et
partenaires au développement
1.2.3 Coopération décentralisée
2.1 Etat de la population
2.1.1 Historique du peuplement
2.1.2 Evolution de la population
2.1.3 Structure par âge et par sexe de la
population
2.1.4 Population active
2.2 Mouvements de la population
2.2.1 Natalité
2.2.2 Mortalité et morbidité
2.2.3 Migrations
2.3 Ménages
2.3.1 Structure par âge et sexe des chefs de
ménage
2.3.2 Taille des ménages
2.3.3 Revenus des ménages
2.4 Ethnies
2.5 Religions
2.6 Habitat
2.6.1 Type d'habitat
2.6.2 Matériaux utilisés dans la construction
2.6.3 Mode d'éclairage
2.6.4 Mode d'approvisionnement en eau
2.6.5 Type d'aisance.
CHAPITRE III : ORGANISATION SOCIALE
3.1 Pouvoir politique traditionnel
3.2 Pouvoir politique moderne
3.3 Système de parenté (les différentes formes de
mariage)
3.3.1 Mariage coutumier
3.3.2 Mariage moderne
3.4 Place de la femme dans la société
CHAPITRE IV: ACTIVITES ECONOMIQUES
4.1 Agriculture
4.1.1 Terres agricoles
4.1.2 Productions
4.1.3 Céréales
4.1.4 Cultures de rentes
4.1.5 Bilan céréalier
4.1.6 Structures d’encadrement
4.2 Elevage
4.2.1 Effectifs du cheptel
4.2.2 Les espèces élevées
4.2.3 Différents types d'élevage
4.2.4 Personnel et structures d'encadrement
4.2.5 Infrastructures pastorales
4.2.6 Santé animale (les principales pathologies)
4.2.7 Alimentation du cheptel
4.2.8 Produits de l'élevage
4.2.9 Mouvements commerciaux
4.3 Les unités économiques
4.4 Emploi
4.5 Energie et Eau
4.5.1 Energie
4.5.2 Eau
4.6 Transport et communications
4.6.1 Transport
4.6.2 Communications
4.7
Commerce
4.7. Infrastructures
4.7.2 Produits
4.7.3 Circuits de commercialisation
4.8 Tourisme et hôtellerie
4.9 Pêche et chasse
5.1 Santé
5.1.1 Principales maladies
5.1.2 Comportements et Attitudes à l'égard de la
maladie
5.1.3 Infrastructures et équipements
5. 1.4 Personnel de santé
5.1.5 Les partenaires de la santé
5.1.6 Taux de couverture vaccinale par tranche d'âge
suivant les grandes endémies
5.1.7 Dépenses de santé
5.1.8 Poids à la naissance
5.2 Action sociale
5.3 Education
5.3.1 Infrastructures scolaires
5.3.2 Répartition des infrastructures scolaires par
niveau
5.3.3 Personnel enseignant par catégorie
5.3.4 Effectifs scolaires par sexe
5.3.5 Alphabétisation
5.3.6 Centres de formation
5.4 Arts, culture, sports et loisirs
5.4.1 Arts et culture
5.4.2 Sports et loisirs
CHAPITRE VI : RESSOURCES FINANCIERES
6.1 Evolution du budget communal
6.2 Recettes
6.3 Dépenses
CHAPITREVII : CONTRAINTES ET ATOUTS DE LA COMMUNE
CHAPITRE VIII : PERSPECTIVES ET RECOMMANDATIONS
LISTE DES ABREVIATIONS
ACCT : Agence de
Coopération Culturelle et Technique
ADRTOM : Association pour
le Développement de la Région de Toma
AHPHYSTO : Association des
Handicapés Physiques et Sympathisants de Toma
AIB : Agence d'Information
du Burkina
APE : Association des
Parents d'Elèves
CAFT: Centre d'Animation et
de Formation de Toma
CAPTEAO : Conférence des
Administrations Postales et Télécommunications des Etats d’Afrique de l'Ouest
CDP : Congrès pour la
Démocratie et le Progrès
CEG : Collège
d'Enseignement Général
CEP : Certificat d'Etudes
Primaires
CLAC : Centre de Lecture et
d'Animation Culturelle
CM : Centre Médical
CMA : Centre Médical avec
Antenne chirurgicale
CNE : Caisse Nationale
d'Epargne
CNSS : Caisse Nationale de
Sécurité Sociale
CREN : Centre de
Récupération et d'Education Nutritionnelle
CSI : Contribution du Secteur
Informel
CSPS : Centre de Santé et
de Promotion Sociale
DPA : Direction Provinciale
de l'Agriculture
DPEBA : Direction
Provinciale de l'Enseignement de Base et de l'Alphabétisation
DPRA : Direction
Provinciale des Ressources Animales
DREP / B.M : Direction
Régionale de l'Economie et de la Planification / Boucle du Mouhoun
FAP : Femmes en Age de
Procréer
IB : Initiative de Bamako
INSD : Institut National de
la Statistique et de la Démographie.
JNV : Journées Nationales
de Vaccination
NOVIB : Organisation Néerlandaise
de Développement Internationale
OMS : Organisation Mondiale
de la Santé
ONA TEL : Office National
des Télécommunications
PACEB : Programme d'Appui
Canadien à l'Enseignement de Base
P AM : Programme
Alimentaire Mondial
PDP : Parti pour la
Démocratie et le Progrès
PDSN : Projet de
Développement Santé et Nutrition
PEV : Programme Elargi
de Vaccination
RDA : Rassemblement
Démocratique Africain
RSI : Régime Simplifié
d'Imposition
SAGEDECOM : Service d'Appui
à la Gestion des Communes
SDAU : Schéma Directeur
d'Aménagement Urbain
SM : Santé Materne\le et
Infantile
SONABEL : Société Nationale
d'Electricté du Burkina
SONAPOST : Société
Nationale des Postes
SPAI : Sous Produits
Agro-industrielles
STGF : Société de Transport
Gourcy et Frères
UAA : Unité d'Animation
Agricole
UGPN : Union des
Groupements de Producteurs du Nayala
INTRODUCTION
Toute la problématique du
développement qui se pose au Burkina Faso, pourrait de façon succincte, se
traduire par le déséquilibre permanent entre les besoins immenses de ce pays et
les ressources relativement limitées dont il dispose.
De là découle l'impérieuse
nécessité d'une gestion rationnelle et rigoureuse de l'économie dans toutes ses
dimensions.
A la suite des nombreuses
expériences menées dans ce sens, et en dépit des résultats positifs enregistrés
çà et là, la question du développement qui reste toute entière, méritait d'être
revue dans sa forme et dans son fond: le développement doit revêtir un « visage
humain »et se doit d'être durable.
La préoccupation majeure
des autorités politiques et administratives au vu de tous ces aspects, demeure
à l'heure actuelle la promotion d'un développement qui, tenant compte des
aspirations de toutes les couches sociales, se voudrait harmonieux, planifié et
participatif.
Depuis 1990 donc, le
Burkina Faso est en train de procéder à une profonde refonte de son système
politique et administratif en vue d'atteindre le développement souhaité.
Dans le processus enclenché
à cet effet, la décentralisation constitue un maillon essentiel en ce sens
qu'elle traduit la ferme volonté du politique de redéfinir le rôle de l'Etat
par la responsabilisation des communautés à la base.
C'est conscient des
missions qui leur incombent désormais dans ce processus, que les communes en
tant que collectivités locales, sont en train d'oeuvrer pour un réel
développement à la base.
C'est dans ce cadre que la
réalisation de la présente monographie, outil de référence à toute action de
développement, a été commandée par les autorités de la commune de Toma avec
l'appui du Service d'Appui à la Gestion des Communes (SAGEDECOM).

1.1 CADRE PHYSIQUE
1.1.1 Situation
géographique
La commune de Toma, objet de la présente
étude, se situe dans la province du Nayala qui, avec une superficie de 3.829
km2, s'étend entre le 02° 45' et le 3° 30' de longitude Ouest puis le 12° 20'
et le 12° 55' de latitude Nord. Elle est limitée au Nord par la province du
Sourou, au Sud par la province du Mouhoun, à l'Est par les provinces du Passoré
et du Sanguié et à l'Ouest par les provinces du Mouhoun et de la Kossi.
Située à l'Ouest du département de
Toma, la commune est limitée au Nord par les terroirs de Yaba et de Biba, au
Sud par le terroir de Niémié, à l'Est par les terroirs de Bounou et de Koin et
à l'Ouest par le terroir de Tô. Elle est traversée par la Route Nationale (RN)
N°23, à 190 km de Ouagadougou en passant par Koudougou, à 268 km de
Bobo-Dioulasso en passant par Dédougou, sur la Route Régionale (RR) N° 21. Elle
couvre une superficie de 50 km2 environ et s'étend entre le 2° 51' et le 2° 55'
de longitude Ouest et le 12 ° 42' et le 12 ° 46' de latitude Nord.
La Loi N° 030-99/ AN
du 15 décembre 1999 portant fixation des limites territoriales de communes
urbaines au Burkina Faso, en son article 28 définit les limites de la commune
de Toma comme suit.
à partir du rond-point Sud du marché, retenu comme
point central :
- au Nord
: au kilomètre 5,00 sur la
route de Tougan (Route Nationale n° 21);
- au Sud : au kilomètre 3,00 sur la route de
Réo (Route Nationale n° 21);
- à l'Est : au kilomètre 3,00 sur la route de
Bounou;
- à l'Ouest : au kilomètre 2,5 sur la route
de Gassan (Route Régionale n° 23).
Le village de Kisson qui
relevait jadis du Département de Yaba est maintenant intégrée dans les limites
du terroir de la commune de Toma.
CARTE DE SITUATION DE LA
Commune DE TOMA
1.1.2
Climat
La commune de Toma est
située dans la zone Soudanienne caractérisé par un climat de type pré-guinéenne
avec des précipitations oscillant entre 750 et 800 mm d’eau par an.
Il existe deux
saisons :
-
La
saison pluvieuse qui va de mai à octobre es caractérisé
par la mousson (vent chaud et humide) qui souffle du Sud-ouest au Nord-Es, avec
des températures moyenne se situant autour de25°C.
-
La
saison sèche qui s’étale de novembre à avril est marquée par l’harmattan qui
est un vent chaud et sec. Ce vent souffle du Nord-Est au Sud-Ouest avec des
températures moyennes autour de 35°C. A cette période, l’insolation est
maximale.
Suivant
le tableau 1 ci-après, les pluies sont mal réparties dans le temps, avec une
durée moyenne de 49-50 jours. Par exemple, l’année 1997 a connu de longues
sécheresses tandis que des inondations on été enregistrées en 1999.
Tableau 1 :
Pluviométrie des 5 dernières années de Toma
|
Année |
Hauteur d’eau en mm |
Nombre de jours |
|
1994 |
913,3 |
54 |
|
1995 |
746,7 |
51 |
|
1996 |
739,7 |
44 |
|
1997 |
643,5 |
45 |
|
1998 |
774,5 |
51 |
|
1999 |
974 |
54 |
Source :
DPA/Nayala, mai 2000
1.1.3 Relief
A l’instar du département
et de l’ensemble de la province, le relief de la commune de Toma se caractérise
par sa monotonie. Les formations latéritiques à l’Est et à l’Ouest de la ville
servent de carrières pour les tailleurs de pierre.
Du Nord au Sud de la
commune, les altitudes diminuent progressivement de 290 à 280 mètres. Les
altitudes atteignent leurs minimales au niveau des mares qui se situent de tous
les côtés de la zone d’habitat groupé excepté l’Est.
1.1.4 Sols
La plupart des sols de la
commune comme de l'ensemble de la province sont des sols d'apport alluvial. Il
s'agit de sols sablo-argileux à argilo-sableux. Sur les plateaux latéritiques
impropres à l'agriculture, les sols sont gravillonnaires. Ces sols d'apport
alluvial dits ferralitiques ont une valeur agronomique faible à moyenne,
cependant, ils se prêtent assez facilement aux actions de restauration. .
Toujours est-il que ]es sols du terroir communal assez restreints ne
supportent l'activité agricole de la commune qu'à une très faible proportion.
La plupart des champs des résidents de la commune sont situés hors du terroir
communal et même parfois hors du département de Toma.
1.1.5 Géologie
La commune présente un
aspect. assez simple sur le plan géologique.
L'ensemble du terroir communal repose sur un socle cristallin. Ce socle est
constitué essentiellement de migmatites et de granites indifférenciés.
1.1.6 Réseau hvdrographique
La commune est située en
dehors du chevelu hydrographique que forment par endroits les nombreux cours
d'eau non pérennes, relevant du bassin versant du Mouhoun. Une seule rivière
non pérenne de direction nord-sud longe le côté Ouest de la commune, depuis
Kisson en passant par le Secteur I. Les mares telles que "Yaka Din" (secteur I), "Donti
yala" (secteur 2) et "Séné pièrè" sont temporaires et s’assèchent pendant la
saison sèche.
1.1.7 Végétation
De la zone aménagée à l' extérieur, le terroir communal présente une végétation
variée.
La ville de Toma à l' exception des zones nouvellement loties est assez
ombragée. En effet, aux abords des principales routes et dans les concessions
sont plantées d'espèces exotiques (neem, eucalyptus,
etc.).
Partout, aux alentours des zones
d'habitation, ce sont des plantations plus ou moins denses
d'eucalyptus et de neems qui côtoient de
vieux vergers plantés de manguiers.
Au delà de l'auréole de
plantation et de vergers, nous sommes déjà en zone de champs de case "gouéré" mêlés aux anciennes jachères. Dans les champs
de case, la végétation est constituée de savane parc. En plus de quelques arbres
rabougris, ce sont des arbres dits utiles (néré, karité, pruniers, mimosas,
etc.) qui sont épargnés.
Dans les anciennes jachères
et au delà dans la brousse, la formation végétale caractéristique est la savane
arbustive, fortement dégradée par l'action anthropique et des agressions
diverses. Il faut dire que cette
dégradation est assez poussée sur les plateaux latéritiques. Quelques grands
arbres çà et là sont dispersés dans la strate arbustive.
Pendant la saison
hivernale, la strate herbacée qui est plus ou moins dense par endroit disparaît
par la combinaison de plusieurs facteurs dégradants.
A l'Est du village de
Kisson existe une forêt villageoise et deux (2) bois sacrés dans la zone lotie,
tous de superficies dérisoires.
En somme, la nature connaît
une forte dégradation due aux actions anthropiques et les dégâts des animaux.
Les feux de brousse, les défrichements anarchiques et la coupe abusive du bois
vert sont autant d'actions qui ont contribué à la destruction du patrimoine
floristique.
Chaque année d'importantes
superficies sont brûlées par les feux de brousse. Des comités anti feux ont été créés au niveau de chaque secteur mais
certains ne sont pas fonctionnels.
S'agissant de la production
des plants, il existe un pépiniériste au niveau de la commune. En dehors des
grandes opérations de reboisement entreprises par l’Etat où la production est
intégralement consommée, la demande au niveau de la population communale est
faible.
1.2 CADRE ADMINISTRATIF
1.2.1
Evolution administrative
Poste administratif
d'octobre 1955 à août 1958 par Arrêté N°853/EPAS du 7/10/1955, Toma est
devenue une subdivision de cercle de Tougan de septembre 1958 au 31/12/1962 par
Arrêté N° 444/INT du 28/08/1958. Elle est devenue un Cercle le
1er /01/1963 par Décret N° 294/PRES/ IS/DI du 20/07/1962. En
1974, elle a été érigée comme Sous préfecture du département de la Volta noire
par Ordonnance N° 74-040/PRES/DI. Le 15 septembre 1984, par Ordonnance
N° 83-012/CNR/PRES, portant découpage du territoire en 30 provinces, la
Sous préfecture de Toma devenait un département de la province du Sourou. Le 21
mai 1987, la ville de Toma a été érigée en commune par ZATU N° AN/V -037
/CNR/MAT.
En 1996, la province du Nayala a été
créée par la loi N° 09-96/ADP du 24 Avril 1996 portant création et
dénomination de 15 provinces et de ce fait, la ville de Toma est considérée
comme une commune de plein exercice. En attendant la mise en place d'un Conseil
Municipal, la commune est dirigée par un Préfet-maire nommé en Conseil des Ministres.
Il est le président de la Délégation Spéciale Communale.
La commune de Toma comprend sept (7)
secteurs et un village (Kisson).
1.2.2 Services techniques, administratifs et
Partenaires au développement
La commune de Toma abrite
la plupart des services techniques et administratifs dont certains relèvent
d'une Direction provinciale basée à Tougan ou d'une Direction régionale à
Dédougou.
Outre les services
administratifs tels que le Haut-Commissariat et la préfecture-mairie, on dénombre
les services suivants :
-
La
Direction Provinciale de l' Agriculture;
-
La
Direction Provinciale des Ressources Animales;
-
Le
District Sanitaire;
-
La
Direction Provinciale de l'Enseignement de Base et de l'Alphabétisation;
-
Le
Service Provincial de l'Environnement, des Eaux et Forêts;
-
Une
représentation de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS);
-
L'Agence
d'Information du Burkina (AlB);
-
La
Société Nationale des Postes (SONAPOST);
-
L'Office
National des Télécommunications (ONA TEL);
-
La
Perception;
-
La
Brigade Territoriale de Gendarmerie;
-
La
Direction Provinciale de la Police Nationale;
-
Le
Direction Provinciale de l’Action Sociale.
En plus des services techniques et
administratifs installés dans la commune, on peut citer entre autres, la Mission
catholique et la Mission protestante comme partenaires au développement.
On recense une seule ONG
installée dans la commune. Les autres structures sont pour la plupart des
associations et des groupements qui sont des organisations paysannes, ayant pour
objectif principal le développement local.
* L'Association pour le
Développement de la Région de Toma (ADRTOM)
L' ADRTOM est la seule ONG
recensée dans la commune. Elle a été créée depuis 1968 par un Père blanc et a
en novembre 1980 adhéré au Secrétariat Permanent des ONG (SPONG).
L'
objectif initial était la
vulgarisation de la culture attelée dans la région de Toma par la formation de
producteurs qui, après neuf (9) mois de stage bénéficiaient d'un attelage
complet à crédit.
Par la suite, l'objectif a
été axé sur le développement socio économique de la population de la zone par
des formations sur des thèmes variés sur l'agriculture, l'élevage, la
sylviculture, la gestion de crédits et des banques de céréales, etc.
Au titre des réalisations,
on peut relever les infrastructures socio-communautaires,
les actions de reboisement, de restauration du capital foncier, de
l'hydraulique, etc.
L'objectif d'intensifier
l'équipement des producteurs en outils de travail a permis d'injecter
d'importants fonds dans le domaine de l'agriculture; de nos jours, près de
100.000.000 F CFA ont été placés auprès des groupements et le remboursement
d'environ 50 % de ces crédits est incertain.
En 1994, une crise éclatée
au sein de l'ADRTOM, a ralenti les appuis de ses partenaires financiers.
Cependant, elle poursuit
toujours ses activités au niveau des organisations paysannes grâce aux
financements des ONG te1les que "Réseau Afrique 2000"dans le domaine
du reboisement, l'Association d'Appui Conseil en Développement dans le domaine
de la formation des femmes et du crédit. Des négociations sont en cours avec
l'ONG "Tree Aid"
pour le financement des actions de reboisement, la NOVIB pour la réalisation
d'une étude.
L' ADRTOM fonctionne
actue1lement sur les intérêts des fonds placés en banque, les intérêts générés
par les crédits accordés aux femmes, etc.
* Association des
Handicapés Physiques et Sympathisants de Toma (AHPHYSTO)
Créé en 1983 avec le
concours de l'Evêque du Diocèse Nouna-Dédougou, par
l'intermédiaire d'un ami Français, le centre des Handicapés avait pour vocation
de venir en appui aux personnes handicapées, par la formation de celles-ci dans
certaines activités afin qu'e1les puissent s'intégrer dans la société.
Une équipe de soignants
existe au niveau du centre et des soins relatifs à la kinésithérapie sont
actue1lement donnés aux malades par une femme formée à cet effet. Ainsi, le
centre reçoit certains malades du Centre Médical de Toma ou du service de
l'action sociale.
L'Association des
Handicapés Physiques et Sympathisants de Toma (AHPHYSTO) est logée au sein du
centre des handicapés et mène des activités de couture, tissage, cordonnerie,
corderie et la confection de dalles tombales.
Le budget de fonctionnement
est constitué des cotisations annue1les (100 F CF A) et des droits
d'adhésion (200 F CFA) par membre.
Le budget de l'année 2000
se compose de :
·
fonds
propres: 634.041 F CFA
·
subvention:
2.800.567 F CFA
·
crédit:
3.419.000 F CFA sur 3 ans
Les principaux partenaires
tels que la Mission catholique de Christoffel Blinden
en A11emagne, l'ASCODE (Association Française), la commune de Clappiers en France interviennent dans le financement des
infrastructures tandis que le CathweII intervient
pour un appui en vivres. Des relations de partenariat et de co1laboration sont
également entretenues avec le centre ophtalmologique de Nouna
et le District Sanitaire de Toma.
* Union des Groupements
de Producteurs du Nayala (UGPN)
Cette union a été créée à
la suite de la crise intervenue au sein de l' ADRTOM en 1994 avec pour
dénomination Union Sourou Sud. Elle a oeuvré pour obtenir son récépissé en 1997
sous la dénomination Union des Groupements de Producteurs du Nayala. Cette
union compte environ 159 groupements de la province dont 7 à 8 sont basés dans
la commune de Toma et chaque groupement compte au minimum 30 membres. L'Union
regroupe des organisations paysannes de toute nature (éleveurs, agriculteurs,
artisans) et poursuit les objectifs suivants :
·
informer
les membres sur les nouvelles innovations ;
·
favoriser
la communication et l'échange d'expériences ;
·
rechercher
des financements pour l' exécution de ses actions.
Pour ce faire, plusieurs
activités sont menées et s' articulent autour de :
·
la
commercialisation des produits et intrants agricoles ;
·
l'alphabétisation
et la formation des membres des groupements ;
·
la
collecte et la gestion de l'épargne locale ;
·
la
réalisation d'activités rémunératrices ;
L'Union intervient dans
plusieurs domaines d' activités tant communautaires
que sociaux.
Tableau 2 : activités de l'UGPN par domaine d'intervention
|
Domaines
d'intervention |
Activités |
|
Financier |
Epargne et octroi de
crédit |
|
Aménagement du terroir |
Réalisation de digues
filtrantes |
|
Santé nutritionnelle |
Fabrication de farine Misola |
|
Education |
Construction d'école |
|
Formation |
Formation |
|
Action sociale |
Suivi des enfants et
orphelins abandonnés |
Source: UGPM / mai 2000
L'Union
compte à son actif un terrain d'une superficie de 0,75 ha environ, une salle de
réunion, une salle de formation, un foyer, quatre ( 4)
chambres de passage, un magasin de stockage et une mutuelle
La ville de Toma abrite le
siège de l'Union. Les réalisations au niveau de la commune sont :
·
octroi
de crédits à la population pour un montant de près de 10.000.000 F CFA.
·
reboisement
;
·
formation
des jeunes dans la production de pierre taillée ;
·
construction
d'une école à 6 classes ;
·
commercialisation
des produits céréaliers ;
·
suivi
de 41 enfants orphelins recensés au niveau de la commune.
Dans l'exécution de ses
activités, l'Union a bénéficié de l'appui surtout financier de plusieurs
partenaires (nationaux et internationaux) parmi lesquels le SARAUD, l'
Association Française pour le Développement Internatiorlal,
la Solidarité Belge, Carême Suisse, l'Association "Miako"
en Hollande.
1.2.3
Coopération décentralisée
La Commune de Toma
entretient des relations de jumelage avec d'autres communes en Europe ou en
Amérique. Il s'agit de la vi1le de Clappiers en
France, Lima au Pérou et de Waden en Allemagne. Waddinxveen au Pays Bas est partenaire financier de l'
ADRTOM. Toutes ces relations
ont pour objectifle
développement local.
Ces jumelages sont
entretenus depuis longtemps mais aucun mariage n'a encore été noué. On peut
relever que ces vi1les jumelées ont intervenu dans le secteur de l'hydraulique,
la santé, l'action sociale, l'artisanat et l'énergie. Par rapport à l'énergie,
plusieurs ménages de la commune ont bénéficié de cuisinières solaires,
subventionnées à 50% par la commune de Warden.

2.1 ETAT DE LA POPULATION
2.1.1
Historique du peuplement
L’historique du peuplement
est extrait du document relatant l'historique de Toma raconté par les notables
du village, à savoir : Monsieur TOE Lazare (Chef coutumier du quartier Kassan); Monsieur TOE Balagui
( Chef Terrien du quartier Daman); Monsieur TOE Bayado (Chef Terrien du quartier (Daman); FORO
Abraham (du quartier Parpa) et Père Deugasker.
Selon ce document, c'est
TOE de Kassan I qui est le fondateur du village de
Toma du nom de Babakrou. Il y a de cela très
longtemps, quand il arriva armé de son arc, son carquois et d'un gourdin.
Il frappa le sol du gourdin
et la terre se durcit. Lorsqu'il s'est installé, vint un autre homme qui était
forgeron. Après les salutations rituelles, ce dernier lui demanda pourquoi il
est venu occuper sa terre, et Babakrou de répondre,
que lorsqu'il arrivait là, la terre était encore humide et que c'est lui-même
qui l'a asséchée afin de pouvoir s'installer.
Après une vive discussion,
l e forgeron décida que chacun appelle la terre qui répondra au premier
arrivant. C'est ainsi donc qu'un rendez-vous a été pris pour le lendemain
matin. Le petit frère de Babakrou qui était caché,
est venu par la suite et a demandé à son frère l'objet de la discussion. Après
avoir entendu les explications de son grand-frère, il demanda à ce dernier de
creuser un trou dans la terre pour l'enfouir et ensuite de le recouvrir d'un
canari. Le jour du rendez-vous, le forgeron arriva et dit à Babakrou
: « Le jour indiqué est arrivé. La terre elle-même va nous départager ». TOE
demanda alors au forgeron d'appeler en premier lieu la terre. Sur ce, le
forgeron se leva et cria: «"Péré péré tan" si tu es ma terre répond-moi».Un grand
silence répondit à l'appel du forgeron. TOE lui dit alors que la terre ne lui
reconnaît pas le droit de propriété. Babakrou à son
tour se leva et cria « "péré péré
tan" si tu es ma terre répond à mon appel » et le petit frère qui était
caché dans le trou répondit "Mou". C'est ainsi que le forgeron a
reconnu Babakrou comme étant le premier occupant de
la terre et lui demanda alors asile, afin de lui confectionner ses outils et le
droit de réconcilier les gens en cas de litige.
Quand Babakrou
a été reconnu comme étant le propriétaire de la terre, il décida d'organiser
des sorties pour reconnaître les limites de son terroir. Après ces sorties, il
décida de donner un nom à son village qu'il a appelé "Toma" c'est à
dire que j'ai tout tâté "ma yi ton mon".
1 Il s'agit d'un quartier de Toma
KI de Kassan
habitait à Koa actuel emplacement de la préfecture de
Toma lorsqu'il a été invité par TOE à venir s'installer à côté de lui.
Ensuite est arrivé TOE de
Hala. Il a été voir TOE de Kassan pour demander asile
auprès de TOE de
Daman.
TOE de Daman et de Hala
sont à l'origine de la rencontre avec KI de Kilampiè
lors d'une partie de chasse. Le nom KI lui a été donné parce qu'il a une
puissance sur la pluie. Quant à PARE, il a été rencontré par KI de Kilampiè au cours des tournées de reconnaissance.
TONI et SONGOLO de Guièla seraient venus de Ouagadougou. TONI est arrivé avec
son peuple et s'est installé à proximité du village "Sièné
Pièrèlèa". Il avait razzié beaucoup de villages
sur son passage.
Après que TONI se soit
installé, vint ensuite YELEMOU. TONI est celui qui aurait ramené FORO au
village car il serait le neveu de YELEMOU .
TOE de Guièla
venait de la brousse où il habitait "Bolo".
Il a été invité à son tour à venir s'installer dans le village.
2.1.2
Evolution de la population
Au Recensement Général de
la Population de 1985, la commune de Toma comptait 6.843 habitants soit 3.368
hommes et 3.475 femmes. En 1996, elle comptait 9.536 habitants dont 4.860
hommes et 4.676 femmes. L'effectif des femmes a augmenté moins rapidement que
celui des hommes entre 1985 et 1996. En 1985, la proportion de femme qui était
de 50,78% des effectifs totaux, a chuté à 49,02% en 1996.
Tableau 3 : Evolution de la population par sexe de 1985 et 1996
|
Année |
Hommes |
Femmes |
Population totale |
|
1985 |
3 368 |
3 475 |
6 843 |
|
1996 |
4 860 |
4. 676 |
9 536 |
|
2000 |
5 493 |
5 282 |
10 775 |
|
2005 |
6 399 |
6 152 |
12 551 |
Sources : Recensement
Général de la Population 1985
Recensement Général de la
Population et de l'Habitation 1996
Projection DREP/B-M
Entre 1985 et 1996, la
population communale a augmenté à un taux de croissance d'environ 3,1 % l'an. A
ce rythme, cette population est estimée à 10 775 habitants en 2000 et 12 551
habitants en 2005.
2.1.3.Structure
par âge et par sexe de la population
La structure par âge de la
population de Toma laisse transparaître une jeunesse de la population
communale. En 1996, environ 60 % de la population avait moins de 20 ans.
La population scolarisable
(7 -14 ans) reste la proportion la plus importante de la tranche jeune.
Les 2.309 enfants âgés de 7
à 14 ans représentent 24,20 % de la population totale.
La structure par âge de la
population communale en 1996 laisse apparaître une faiblesse des effectifs du
3ème âge. Les 485 personnes âgées de 65 ans et plus ne représentent que 5,08 %
des effectifs de la commune.
Tableau 4 : Répartition de la population résidente par tranche
d'âge en 1985 et 1996
|
Année |
Tranche d'âge |
Total |
||||||
|
0-4 ans |
5-6 ans |
7-14 ans |
15-19ans |
20-64 ans |
65ans et+ |
ND |
||
|
1985 |
1.028 |
419 |
1.721 |
712 |
2.584 |
|
4 |
6.468 |
|
1996 |
1.443 |
573 |
2.309 |
1.393 |
3.313 |
485 |
20 |
9.536 |
Source: - Recensement
Général de la Population de 1985; Structure par âge et par sexe des villages du
Burkina Faso.
- Recensement Général de la
Population et de l'Habitation de 1996; résultats définitifs
2.1.4
Population active
Au regard du tableau III
" Répartition de la population résidente par tranche d'âge en 1985 et 1996
", il ressort que la population active ( 15-64
ans) est en évolution. En 1996, la population active de la commune était de
4.706 personnes, soit 49,33 % de population totale. Cette proportion serait
beaucoup plus importante si elle devait s' étendre à
tout ceux qui ont au moins 10 ans.
2.2 MOUVEMENTS DE LA POPULATION
A défaut de l'analyse des
résultats du Recensement de 1996, l'analyse des mouvements de la population est
inspirée des données du Recensement général de la Population de 1985. Ces
données générales concernent l'ex Sourou qui intégrait alors l'actuel Nayala et
la commune de Toma.
2.2.1
Natalité
Le taux de natalité se
définit par le rapport entre le nombre de naissances vivantes sur la population
totale multiplié par 1.000. En 1991, le taux de natalité provincial était de
11,3 %0. Il est en régression par rapport à l'année 1990 où il était de 12,2
%0.
2.2.2
Mortalité et morbidité
* mortalité
C'est la proportion de
personnes décédées pendant les douze derniers mois au sein d'une population
donnée. La taille de cette population de référence est de 100 ou 1000
habitants.
Selon les estimations
faites à partir des indices standardisés lors du recensement général de la
population en 1985, le taux brut de mortalité de la province était de l'ordre
de 0,16 %. Ce taux est en dessous de la moyenne nationale qui est de 0,17 %.
Le taux de mortalité
infantile (décès d'enfants de moins d'un an) était de 1,34% en 1985. Depuis, ce
taux est en diminution en raison des progrès dans le domaine de la santé en
général et des vaccinations en particulier.
Le nombre de décès maternels
enregistrés dans les formations sanitaires en 1990 était de 15 femmes pour
3.781 naissances vivantes. Ce qui représentait un taux de mortalité maternelle
de 0,04% (source: Monographie de la province du Nayala, décembre 1998).
* morbidité
C'est la proportion de malades au sein d'une
population donnée. La taille de la population est généralement de 100 ou 1.000
habitants.
En 1998, le paludisme représentait la
principale cause de morbidité dans la commune. 40 %
des cas de nouvelles consultations curatives dont 47 %
des enfants de 0-4 ans étaient des paludéens. Les affections des voies
respiratoires qui sont les principales causes de morbidité après le paludisme,
représentent 19 % des consultations curatives, avec un taux de prévalence élevé
chez les enfants de 0-4 ans. Ceux -ci représentent jusqu'à 42% des cas.
2.2.3
migrations
Une forte proportion de
jeunes de la province émigre chaque année vers les régions et les pays voisins ( Mouhoun, Houet, Kossi, Mali et Côte d'Ivoire). La vallée du Sourou
étant une zone à vocation essentiellement agricole, ces départs constituent une
perte relativement importante pour la main d’œuvre rurale au niveau du Nayala.
A côté de ces migrations définitives existent des
migrations saisonnières, c'est- à- dire celles qui ont lieu
après les récoltes.
S'agissant spécifiquement
de la commune de Toma, elle est surtout concernée par les migrations internes à
l'ensemble Sourou Nayala, orientées vers la vallée. Quant aux arrivées en
direction de Toma, il faut dire qu'elles
sont rares. Contrairement à la vallée voisine, elle ne représente pas un pôle
d’attraction pour les immigrants.
2.3 MENAGES
En raison de l'évolution
lente des caractéristiques du ménage, l'étude s'est ici inspirée des résultats
de l'enquête prioritaire sur les conditions de vie des ménages, réalisée en
1996 par l'Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD).
2.3.1
Structure par âge et sexe des chefs de ménage
L'âge moyen du Chef de
ménage célibataire est de 32,4 ans; 44 ans pour le Chef de ménage marié
monogame, et plus de 50 ans pour le marié polygame. Selon l'Enquête Prioritaire
sur les conditions de vie des ménages, 92,2 % des Chefs de ménage en milieu
rural sont des hommes. Le lévirat qui était l'un des facteurs explicatifs de la
réduction du nombre de Chefs de ménage de sexe féminin est en régression à
Toma, à cause de la psychose du SIDA.
2.3.2
Taille des ménages
En 1996, les 9.536
habitants de la commune de Toma étaient répartis entre 1.545 ménages. La taille
moyenne d'un ménage était alors de 6,17 personnes. En appliquant le même taux à
la population de l'an 2000, la commune de Toma compte environ 1.746 ménages.
Environ 1.397 de ces
ménages ont une taille moyenne de 4 à 5 personnes. Les hommes dirigent les
ménages de taille relativement importante (plus de 7 personnes en moyenne). La
taille moyenne croît, des Chefs de ménages célibataires aux Chefs de ménages
polygames en passant par les Chefs
de ménages monogames.
2.3.3
Revenus des ménages
Quoique Toma soit une
commune urbaine, sa population demeure rurale, dans la mesure où la quasi
totalité des ménages tire ses revenus des activités agricoles.
Le revenu global des
ménages intègre les revenus monétaires et non monétaires. Le revenu monétaire
prend en compte les entrées d'argent au niveau des ménages, grâce à la
production agricole, aux activités d'exploitation (entreprise ou commerce), aux
dons, etc. Ce revenu monétaire correspond à la valeur, au prix du marché des
biens et services produits par le ménage et utilisés pour sa propre
consommation.
Selon les résultats de
l'Enquête Prioritaire sur les conditions de vie des ménages, le revenu moyen
annuel d'un ménage de 7,8 personnes en moyenne est estimé à 532.045 F CFA, soit
un revenu moyen annuel de 68.210 F CF A par tête. A Toma où la taille moyenne
des ménages est de 6, 17 personnes, ce revenu moyen annuel est de 420.861 F CFA
et se répartit de façon presque égalitaire entre les deux (2) composantes que
sont les revenus non monétaires et les revenus monétaires.
Les revenus non monétaires
équivalent à la somme totale qu'il aurait fallu débloquer pour acquérir les
biens auto consommés, Ils seraient en moyenne de 212, 113 F CF A par ménage et
par an, soit 50,4 % du revenu global moyen. La composante monétaire
intermédiaire des échanges compte pour 49,6% dans le revenu global des ménages.
2.4
Ethnies
Il n'existe pas de données
sur les différents groupes ethniques, mais nous pouvons affirmer que la commune de Toma est majoritairement peuplée
de san, ethnie autochtone. Les san
représentent plus de 90 % de la
population. D'autres groupes numériquement moins importants (mossis, peuhls et
gourounsis) cohabitent avec les san dans la commune.
Les "sanan" sont souvent désignés par les noms samo ou samogho. Le terme samo, employé couramment résulterait d'une déformation par
les Peuhls du nom "San mogho".
Les samogho eux- mêmes s'appellent "san" pour le singulier, "sanan"
pour le pluriel, "san" pour désigner l'ethnie
et "san piè" pour
désigner la région.
2.
5 Religions
Le christianisme est la
religion dominante au niveau de la commune de Toma. Catholiques et protestants
regroupent plus de 90% de la population. En plus des catholiques majoritaires,
il y a les musulmans, plusieurs congrégations de protestants (baptistes,
apostoliques, alliance chrétienne, assemblées de Dieu) et les témoins de
Jéhovah. Le catholicisme implanté dans la région depuis 1913 est la plus
dynamique de toutes les confessions, au regard des activités multiformes menées
dans la commune.
De 1995 à 2000, près de
1.175 personnes ont été baptisées soit 606 adultes et 569 enfants au niveau de
la mission catholique de Toma ; soit une moyenne annuelle de 235 baptisés.
Tableau 5 : Evolution du nombre de baptisés dans la commune de
Toma
|
Année |
Nombre de baptisés |
|
|
Adultes |
Enfants |
|
|
1995 |
56 |
66 |
|
1996 |
98 |
109 |
|
1997 |
107 |
100 |
|
1998 |
50 |
109 |
|
1999 |
211 |
102 |
|
2000 |
84 |
83 |
|
Total |
606 |
569 |
Source: Mission Catholique
de Toma, mai 2000
Installée en 1913 à Toma, l'église catholique avait pour optique
l'évangélisation et le développement de la communauté. Cette évangélisation
devait donc passer par l'amélioration du mieux être social de l'homme tout en
mettant l'accent sur le spirituel. Cet objectif a conduit à:
·
mettre
l'accent sur l'éducation, ce qui expliquerait le taux élevé d'alphabétisation
au niveau de la commune de Toma ;
·
créer
un dispensaire détenu par les religieux ;
·
intervenir
au niveau de l'agriculture par la création des groupements et à la formation de
certains producteurs en culture attelée.
La zone d'intervention de
la mission catholique est la paroisse de Toma, qui couvre l'ensemble de la
province et certains villages de la province du Sourou.
Au niveau de
l'enseignement, la mission catholique a construit deux (2) écoles et a mis
l'accent sur l'éducation des enfants. Par la suite ces écoles ont été
rétrocédées à l'Etat, ce qui a réduit l'intervention de la mission dans
l'éducation. Aujourd'hui encore, elle tente de récupérer progressivement ses
écoles à partir de la rentrée scolaire 2000-2001.
Sur le plan formation, une
équipe GRAAP a été formée et mène des sensibilisations sur des thèmes relatifs
à l'hygiène, l'eau, l'alcool, etc.
Par l'intermédiaire du
Projet Puits Nouna, la mission a formé des artisans
puisatiers qui interviennent dans la localité. Le manque d'équipements ne
permet pas à ces derniers d'évoluer .
Les interventions dans le
domaine de la sylviculture ont concerné la plantation de manguiers dans les
vergers des pères blancs, l'organisation des camps de reboisement par les
scouts.
Toutes ces confessions
religieuses ont jusque là cohabité en parfaite harmonie. Même si les incidents
ne manquent pas d'opposer catholiques et coutumiers, ils sont vite transcendés
par la clairvoyance des uns et des autres.
2.6 HABITAT
La commune de Toma ne
dispose pas encore de Schéma Directeur d'Aménagement Urbain (SDAU). Cependant,
deux (2) lotissements ont été réalisés en) 968 et en) 994, ce qui a permis de
dégager respectivement 1.900 et 1.298 parcelles d'habitation. Aujourd'hui
encore, beaucoup de ces parcelles attribuées ne sont pas mises en valeur.
L'espace communal aménagé représente environ 323 hectares, soit seulement 6,46%
des superficies de la commune. Des zones non aménagées côtoient les zones
loties.
PLAN D’AMENAGEMENT DE LA COMMUNE DE TOMA
2.6.1
Types d'habitat
L’habitat est dominé par
des constructions de type traditionnel en banco simple ou amélioré avec des
toitures en terrasse. A la faveur des aménagements urbains et surtout de
l'essor de la pierre taillée, on assiste dans la commune de Toma à une
amélioration progressive de l'habitat, aussi bien , au
niveau de la nature des murs, que de la toiture. Dans les zones récemment
loties et même dans le "noyau ancien", la pierre taillée et le parpaings font une percée remarquable. Les toitures sont
très souvent en tôles, chaque fois que ces matériaux sont utilisés pour la
construction. Les grosses infrastructures publiques et/ou communautaires sont
réalisées en dur ou en semi dur.
2.6.2
Matériaux utilisés dans la construction
Le banco est le matériau de
construction le plus couramment utilisé. Il est partout disponible et ne coûte
presque rien. Depuis un certain temps, on assiste de plus en plus à une
utilisation intense de la pierre taillée. Ce matériau est disponible sur les
plateaux latéritiques de la commune et sa production est l'une des principales
activités des jeunes en saison sèche. Le coût moyen unitaire de la brique en
pierre est de 50 F CF A. L'utilisation de la pierre taillée dans les
constructions apporte beaucoup plus d'esthétique et de résistance aux
bâtiments. Les constructions en ciment sont cependant rares. Le ciment est
utilisé exclusivement ou en association avec la pierre taillée. La plupart de
ces constructions sont réalisées par une élite de privilégiés (fonctionnaires,
commerçants, etc) .Malgré la percée significative des
"nouveaux matériaux", le banco reste encore dominant.
2.6.3.
Mode d'éclairage
Le principal mode
d'éclairage est la lampe tempête. La commune de Toma a comme beaucoup d'autres
localités, dans le cadre d'un projet national d'énergie solaire, bénéficié de
plaques. En plus de l'administration, quelques
ménages utilisent l'énergie solaire pour l'éclairage domestique et le fonctionnement d’appareils divers.
Quelques rares ménages utilisent également des groupes électrogènes.
2.6.4
Mode d'approvisionnement en eau
A défaut d'adduction d'eau
potable, la source principale d'approvisionnement en eau demeure les puits à
grand diamètre et les forages équipés de pompes mécaniques. Leur mauvaise
répartition spatiale fait que beaucoup consomment l'eau des puits ordinaires de
qualité douteuse.
Ces points d'eau assurent
l'alimentation en eau de boisson aussi bien des hommes que des animaux (pour
les puits à grand diamètre). En effet, dès que les mares s'assèchent, Hommes et
bêtes utilisent les mêmes points d'eau. Même si le risque de contagion par des
zoonoses est moindre a cause des aménagements de
margelle, il faut dire que la qualité de l'eau de boisson se dégrade souvent à
travers les phases de manipulation.
2.6.5
Type d'aisance
La grande partie de la
population communale fait ses besoins en plein air, aux alentours des concessions,
ou dans les bois situés à l'intérieur ou à l'extérieur des zones d'habitation.
Nombreuses sont les
familles qui ne disposent pas encore de latrines; il en est de même pour
certains lieux publics comme le marché. Cette situation pose un véritable problème
de santé publique, en témoignent les "diarrhées vomissements qui sévissent
souvent en hivernage.

L'analyse de l'organisation
sociale sera basée sur la communauté san, ethnie
majoritaire et autochtone de la commune.
3.1 POUVOIR POLITIQUE TRADITIONNEL
Un Conseil de notables
composé des chefs de terre dont les principaux sont les familles autochtones, à
savoir TOE de Kassan, TOE de Daman, KI de Diamba, PARE et KAWANE de Guiéla,
régule l'ordre social. Ces coutumiers issus des différentes familles assuraient
le respect des coutumes et rendaient justice. En toutes circonstances, le
Conseil se réunit sur l'initiative du TOE de Kassan,
considéré comme le doyen. Les cérémonies sont présidées à tour de rôle selon
les rites du jour. Chez les Samo, il n'y a pas de
pouvoir central ni d'administration analogue à celle que l'on trouve chez les
mossis.
La sécurité et le maintien
de l'ordre social reviennent aux Chefs de terre, dépositaires du pouvoir
coutumier et détenteurs de la sorcellerie. Ceux-ci sont craints et respectés
par la population.
Les grandes réconciliations
reviennent aux forgerons qui sont fréquemment associés aux
Chefs de terre par des
alliances matrimoniales.
3.2
POUVOIR POLITIQUE MODERNE
Suite à la création de la
province en 1996, Toma est devenue une commune de plein exercice. Le Préfet,
Président de la Délégation Spéciale, en plus de ses fonctions de préfet joue le
rôle de maire.
La Délégation Spéciale est
composée des Responsables des services techniques de l'administration, les
Responsables Administratifs des secteurs, les Responsables des ONG et
Associations installés dans la commune. Chaque secteur est dirigé par un
Responsable Administratif nommé par le Préfet et représente l'administration
auprès des populations.
Les différents partis
politiques tels que le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), le Parti
pour la Démocratie et le Progrès (PDP), le Rassemblement Démocratique Africain
(RDA) et les Verts sont présents dans la commune. Le CDP et le PDP sont les
partis majoritaires dans la commune de Toma.
La province compte deux (2)
Députés (Monsieur ZAN Charles Etienne Député CDP et Monsieur PARE Pargui. Emile, Député PDP) qui siègent à l' Assemblé
Nationale.
Sur le plan politique, les
deux partis majoritaires de la commune sont presqu'à
égalité quant à l'importance numérique de leurs militants, toute chose qui peut
être considérée comme un frein à la
monotonie ou à des dérapages éventuels dans la mise en oeuvre de certains
projets.
3.3
SYSTEME DE PARENTE (les différentes formes de mariage)
D'une manière générale,
chez les sanan, tous ceux qui adorent un même fétiche
"mère" forment un clan. Ce fétiche "mère" représente le
lien entre les familles. La filiation est patrilinéaire et l'héritage se fait
selon le système de lignage.
3.3.1
Mariage coutumier
Le mariage coutumier
intervient suite à une amitié entre deux familles, ou une rencontre fortuite
entre les deux jeunes personnes.
L'amitié ainsi née, la
famille du garçon envoie demander la main de la fille. A cette occasion le
garçon verse le "prix de la main" ou prix d'acceptation du principe
"gwon si pa".
Cette somme peut être acceptée ou refusée. Le montant de la somme était jadis
de 2.000 cauries.
Une fois le "gwon si pa" accepté, le
garçon doit cultiver chaque année en hivernage le champ de ses futurs beaux
parents. 11 peut demander à ses camarades et amis du quartier de lui prêter
main forte dans les travaux.
Chaque année, au moment des
fêtes ("kodè" et "zimi"),
il doit offrir à sa fiancée des cadeaux : deux nattes; une ou deux
pintades et une certaine somme d'argent allant de 800 à 1.000 cauries.
Les fiançailles peuvent
durer 3 à 5 ans. Lorsque le garçon se sentira prêt à recevoir sa fiancée, il
envoie les femmes du quartier la chercher.
Le lévirat intervient après
le décès de l'époux et la veuve, pour rester dans la famille est tenue
d'épouser un des petits frères de son mari défunt. Ces anciennes pratiques sont
aujourd'hui en voie de disparition.
3.3.2
Mariage moderne
De nos jours, les formes de
mariage les plus répandues dans la commune sont :
- Le mariage religieux qui est accompli
suivant les cérémonies religieuses (musulmane, catholique);
- Le mariage civil authentifié par un acte
légal de mariage.
3.4 PLACE DE LA FEMME DANS LA SOCIETE
A l'instar des sociétés
traditionnelles africaines, la femme de Toma a longtemps vécu en marge de la
société. Elle n'avait pas son mot à dire dans les conseils de famille et encore
du village.
Cependant elle demeure le
pilier central de la famille. En effet, en plus de sa fonction de procréation,
elle est chargée du ramassage et de la cueillette des produits agricoles et naturels.
Elle participe aux travaux champêtres et surtout elle donne une place
importante à l'homme dans la société san.
Les femmes de Toma étaient
regroupées dans des associations traditionnelles "ton" de tailles
variables, suivant le groupe d ' âge, le quartier et
même le village.
L'objectif principal était
l'entraide, la réalisation des travaux champêtres ou la participation aux
travaux nécessitant une forte main d’œuvre. Les prestations étaient rémunérées
soit en nature soit en espèce.
Ces organisations ont
évolué jusqu' à la création d’organisations paysannes féminines qui servent
d'interface entre leurs membres et les bailleurs de fonds. Leurs principales
activités concernent la réalisation de micro projets. Ces projets, lorsqu'ils
sont individuels portent sur le petit commerce de dolo,
beignet, l’élevage de porcs, etc. Les crédits individuels qui sont et dont les
montants varient de 5.000 F CFA à 50.000 F CFA, sont fonction des capacités à
rembourser du bénéficiaire.
L' échéance est le plus
souvent annuelle et les traites, mensuelles ou hebdomadaires Les crédits sont
accordés sur fonds propres, ou par des bailleurs tels que le FAARF (installé à
Tougan), les ONG (MIFED; MIAKO,etc.). Les fonds, mêmes reçus sous forme de
subvention sont placés à crédit avec intérêt auprès des demandeurs. A titre
d'exemple, on peut citer l'appui de l' ADRTOM qui a accordé des crédits aux
groupements féminins (plus de 500 femmes) de la commune, en 1 ère et 2eme
campagne pour un montant respectif de 4.400.000 F CFA et 12.990.000 F CFA.
Les associations tout comme
les groupements visent le développement communautaire et pour ce faire, ils ont
mené des actions telles que le reboisement, les champs collectifs, la
transformation de produits, etc.
Les ressources de ces
organisations proviennent pour la plupart des cotisations, des droits
d'adhésion... Des partenaires tels que l'UNJCEF et l'ONG "Terres des
Hommes Allemande" leur viennent souvent en appui dans la mise en place
d'infrastructures ou la constitution de fonds de roulement.

4.1 AGRICULTURE
L'agriculture est la
principale activité de la population de la commune de Toma. Elle occupe la quasi totalité des populations qui sont avant tout des
cultivateurs de céréales. Les cultures sont très souvent tributaires de la
pluviométrie et l'agriculture demeure extensive malgré le niveau d'équipement
et d'encadrement assez satisfaisant des producteurs.
4.1.1 Terres agricoles
L'espace communal qui
supporte l'activité agricole est d'occupation moyenne à forte. En effet, le
terroir communal (0.5 km2) qui ne représente que 0,083 % des 600 km2 du
département (cf monographie de la province du Nayala,
p. 19), abrite jusqu'à 40, 82 % de la population entièrement agricole.
L'occupation intense de l' espace par les
exploitations agricoles accélère ainsi la dégradation des terres. En dehors des
champs dits de " case " , la grande partie de l'activité agricole se
déroule hors de l'espace communal, dans un rayon de près de 10 km sur les terrroirs voisins de Bounou, Zouma,
Niémé, Tô et Yaba. La plupart des champs sont situés
dans la moitié Est du terroir communal en raison du manque d'espace ailleurs,
mais aussi de la relative bonne qualité des terres.
A cause de la pression
foncière, la restauration de la qualité des sols est pratiquement impossible
par la jachère qui reste l'apanage des propriétaires terriens disposant encore
de grands espaces. La restauration des sols se fait par la fumure organique
quand il s'agit des champs de céréales et les engrais minéraux tels que l'urée
et le NPK dans les champs de rente (coton surtout). Beaucoup de paysans, pour
ralentir la dégradation des terres pratiquent la rotation.
L'activité de maraîchage
est quasiment absente dans la commune malgré l’existence de nombreux
groupements maraîchers. L'argument le plus souvent évoqué par les producteurs
est le manque de moyens financiers, mais les techniciens de l'agriculture
attribuent cela, plutôt à un manque de point d'eau.
Les producteurs des
villages voisins de Bounou, Kwon, Biba
et kolan demeurent les principaux fournisseurs de la
population de Toma en produits maraîchers.
4.1.2 Productions
Les données sur les
productions concernent l'Unité d'Animation Agricole (UAA) de Toma qui regroupe
la commune, les villages de Niémé, Goussi, Konti, Sien, Koin, Yayo, Raotenga et Kolan.
4.1.3 Céréales
La forte dépendance de
l'agriculture à la pluviométrie explique le fait que de 1995 à 1999, les
productions ont évolué en dents de scie.
Les principales céréales
cultivées dans l'Unité d'Animation Agricole de Toma sont le sorgho, le mil, le
mais et le riz. Aussi bien sur le plan de production que des superficies, le
sorgho est la céréale la plus importante. Cela se justifie par le fait qu'il
constitue l'aliment de base des populations de la région, En effet, la farine
du mil sert à la préparation du tô "wu" qui
est le principal plat des sanan mais représente aussi
la matière première du dolo "yo",
bière locale tant prisée par les populations. Exceptée
la campagne agricole 1996-1997, le sorgho a au cours des cinq (5) dernières
années, représenté annuellement 60 % au moins de la production céréalière
totale. Il en est de même pour les superficies qui sont proportionnelles à la
production.
Par ordre d'importance,
après le sorgho vient le mil qui occupe avec le sorgho près de 98 % des
superficies et des productions.
Les productions aussi bien
que les superficies emblavées en riz et en maïs sont dérisoires. Les rendements
à l'hectare sont par contre les plus importants, Une augmentation des sites de
cultures de riz par l'aménagement des bas-fonds ou la construction de retenues
d'eau pourraient stimuler la production.
La commercialisation des
céréales était coutumièrement mal perçue chez les sanans.
Elle fut l'apanage des producteurs mossi, installés dans les hameaux de culture
des départements de Toma et de Yaba. Actuellement la situation a évolué.
Le tableau ci-dessous donne
l’évolution des cultures céréalières de 1995 à 1999.
Tableau 6 Evolution des
cultures céréalières de 1995 à 1999
|
CAMPAGNE AGRICOLE |
PRODUCTION CEREALIERE |
|||||
|
SORGHO |
MIL |
MAIS |
RIZ |
TOTAL |
||
|
1994 -1995 |
Production |
1.800 |
1.000 |
5,6 |
0,375 |
2.805,995 |
|
Superficie |
3.000 |
2.000 |
8 |
0,5 |
5.008,5 |
|
|
Rendement |
600 |
500 |
700 |
800 |
|
|
|
1995-1996 |
Production |
2.120 |
1.125 |
9,5 |
2,5 |
3.257 |
|
Superficie |
2.650 |
1.500 |
10 |
2,5 |
4.162,5 |
|
|
Rendement |
800 |
750 |
950 |
1.000 |
|
|
|
1996-1997 |
Production |
1.375 |
1.500 |
1.600 |
2.000 |
6.475 |
|
Superficie |
2.750 |
2.500 |
8 |
2 |
5.260 |
|
|
Rendement |
500 |
600 |
200 |
1.000 |
|
|
|
1997-1998 |
Production |
1.890 |
1.625 |
8 |
l ,4 |
3.524,4 |
|
Superficie |
2.700 |
2.500 |
10 |
1,5 |
5.211,5 |
|
|
Rendement |
700 |
650 |
800 |
950 |
|
|
|
1998-1999 |
Production |
1.350 |
825 |
3,5 |
0,45 |
2.178,95 |
|
Superficie |
2.250 |
1.650 |
5 |
0,5 |
3.905,5 |
|
|
Rendement |
600 |
500 |
700 |
900 |
|
|
Source: DPA/Nayala, mai
2000/ Production en Tonne, Rendement en Kg/ha. Superficie en ha
4.1.4 cultures de rente
Contrairement aux zones
voisines du Mouhoun où les superficies des cultures de rente (
coton surtout) sont importantes, celles de l'UAA de Toma représentent à
peine 2 % des superficies emblavées. Les principales cultures de rente sont:
l'arachide; le niébé, le sésame, le coton et le woandzou.
Le niébé est cultivé soit à part soit en association avec les céréales comme le
sorgho et le mil. La grande partie de la production d'arachide est vendue sur
place. Les productions de sésame et de woandzou sont
les moins importantes, de même que les superficies.
Le coton reste la première
culture de rente tant sur le plan de la production que des rendements.
Depuis 1994/95, le cumul
des superficies emblavées en coton ( 101 ,46 hectares)
laisse apparaître une prédominance de cette spéculation, suivie de loin par
l'arachide avec seulement 63 hectares.
Les superficies de coton
ont rarement dépassé le tiers de l'ensemble des superficies de rente, exceptées
les campagnes 1995/96 et 1998/99 avec respectivement 39 et 30 hectares, soit
plus de 50% des superficies de rente. Depuis la campagne 1994/95, les
superficies de coton n'ont jamais atteint 40 hectares, soit environ
l'exploitation d'un producteur pilote du Bassin cotonnier.
L'importance du coton est
donc relative dans l'UAA de Toma.
Le tableau ci-après décrit
l'évolution des cultures de rente de 1995 à 1999 au niveau de l'UAA de Toma.
Tableau 7 : Evolution des cultures de rente de 1995 à 1999
|
CAMPAGNE AGRICOLE |
CULTURES DE RENTES |
|||||
|
Arachide |
Niébé |
Sésame |
Coton |
Total |
||
|
1994 -1995 |
Production |
5 |
4,8 |
nd |
9 |
18,8 |
|
Superficie |
10 |
8 |
nd |
10 |
28 |
|
|
Rendement |
500 |
600 |
nd |
900 |
|
|
|
1995-1996 |
Production |
6,5 |
6 |
1,2 |
29,25 |
42,95 |
|
Superficie |
13 |
10 |
3 |
39 |
65 |
|
|
Rendement |
500 |
600 |
400 |
750 |
|
|
|
1996-1997 |
Production |
7,5 |
6 |
nd |
9,6 |
23,1 |
|
Superficie |
15 |
10 |
nd |
12 |
37 |
|
|
Rendement |
500 |
600 |
nd |
800 |
|
|
|
1997-1998 |
Production |
10 |
9 |
4,8 |
231,5 |
255,3 |
|
Superficie |
20 |
15 |
8 |
10,46 |
53,46 |
|
|
Rendement |
500 |
600 |
600 |
500 |
|
|
|
1998-1999 |
Production |
2,5 |
6 |
2,8 |
24 |
35,3 |
|
Superficie |
5 |
10 |
8 |
30 |
58 |
|
|
Rendement |
500 |
600 |
350 |
800 |
|
|
Source: DPA / Nayala,
mai 2000 nd
= non déterminé
Production en Tonne,
Rendement en Kg/ha, Superficie en Ha
4.1.5 Bilan céréalier
L'analyse des données du
tableau sur le bilan céréalier confirme davantage l'extrême sensibilité de la
campagne agricole aux caprices pluviométriques.
En effet, de 1995 à 1999,
les trois (3) campagnes déficitaires (95/96 ; 96/97 ; 98/99) correspondent aux
années capricieuses sur le plan de la pluviométrie. Durant les campagnes 1995-
1996 et 1996-1997, même si le cumul pluviométrique avoisine la normale (700 mm ), il apparaît une mauvaise répartition dans le temps.
Lesdites campagnes se sont étalées respectivement sur 44 et 45 jours contre
plus de 50 jours pour les campagnes excédentaires( cf / tableau n° I : pluviométrie des cinq dernières années
de la commune).
En 1999, c'est pratiquement
un schéma contraire. Quand bien même la répartition temporelle est bonne ( 54 jours de pluie ), la pluviométrie laisse apparaître un
dépassement de la normale de plus de 200 mm souvent, entraînant ainsi des
inondations.
Dans la commune et même
dans toute la province, les déficits ne sont pas alarmants, car la région est
presque tout le temps dans l'ensemble excédentaire.
Tableau 8 : Bilan céréalier 1995-1999
|
Campagne agricole |
Production |
Besoins |
Bilan |
|
1994 -1995 |
2.805, 995 tonnes |
2.507 ,995 tonnes |
+ 298 tonnes |
|
1995-1996 |
3.257 tonnes |
3.553 tonnes |
- 296 tonnes |
|
1996-1997 |
6.475 tonnes |
6.829 tonnes |
- 354 tonnes |
|
1997-1998 |
3.524,4 tonnes |
2.300,4 tonnes |
+ 224 tonnes |
|
1998-1999 |
2.178,95 tonnes |
2.261,95 tonnes |
- 83 tonnes |
Source: DPA / Nayala,
mai 2000
4.1. 6 structures d'encadrement
L' UAA est la principale
structure chargée de la formation et de l'encadrement du monde rural de au
niveau de la commune. A côté de cette structure étatique existent d'autres
partenaires comme la Mission Catholique et l'ADRTOM, qui interviennent en
s'adressant soit directement au groupe cible, soit par l'intermédiaire d'autres
partenaires du monde rural.
D'importants groupements
masculins ou féminins interviennent dans la commune de Toma.
Ces groupements ont été
reconnus par l'administration autour des années 1990 et comptent en moyenne une
soixantaine de membres par groupement. La principale activité est la
réalisation de micro projets collectifs ou individuels générateurs de revenus.
Tableau 9 : Répartition des organisations paysannes par secteur
|
Types d’organisation |
Nombre |
Localisation |
Observation |
|
Groupement agricole
masculin |
2 |
Secteur 5 et 7 |
|
|
Groupement agricole
féminin |
9 |
Secteur 1,2,4,5,6 |
4 au niveau communal |
|
Groupement d’éleveurs
féminin |
2 |
Secteur 3 et 4 |
|
|
Groupement maraîcher
homme |
4 |
Secteur 1,2,3 et 5 |
|
|
Total |
17 |
- |
- |
Source: DPA du Nayala mai
2000
4.2 ELEVAGE
L’élevage est après l' agriculture la principale source de revenus ( monétaires
surtout) des populations. Tous les sédentaires sont des éleveurs potentiels.
Dans la plupart des familles, on trouve quelques bêtes (petits ruminants, porcs
et volailles surtout).
Les gros éleveurs de bétail
sont les peuhls installés dans les périphéries de la commune. Ils assurent
également la garde du bétail des sédentaires quand celui-ci n'est pas laissé en
divagation pendant la saison sèche. La composante bovine du cheptel qu' on
rencontre en ville est le plus souvent constituée de bœufs de trait auxquels
sont prêtés beaucoup plus d' attention, aussi bien sur le plan de
l'alimentation que de la santé.
Dans le péri urbain qu' en ville, on rencontre des petits ruminants et des porcs
élevés traditionnellement par les femmes capables de pourvoir facilement à leur
alimentation constituée surtout de drèche de dolo.
La commune de Toma n'est
pas une grande zone d'élevage et elle est en dehors des pistes de transhumance.
4.2.1 Les effectifs du cheptel
La volaille constitue la
principale source de revenus des populations. C' est à
elle qu' on a le plus recours pour les dépenses quotidiennes (santé,
condiments, dolo, etc.). Comparativement aux régions
d'élevage par excellence, l'effectif des autres espèces animales n'est
relativement pas importante.
Le tableau suivant donne
l'effectif du cheptel évalué à partir des normes de l'Enquête Nationale des
effectifs du cheptel de février 1990.
Tableau 10 : Evolution des effectifs du cheptel de 1995 -1999
|
ESPECES |
ANNEES |
||
|
1990 |
1996 |
2000 |
|
|
Bovin |
2.382 |
2.861 |
3.232 |
|
Ovin |
5.558 |
6.675 |
7.542 |
|
Caprin |
7.146 |
8.582 |
9.697 |
|
Porcin |
794 |
954 |
1.077 |
|
Asin |
794 |
954 |
1.077 |
|
Volaille |
18.264 |
21.933 |
24.782 |
Source: DREP/ B-MHN, mai
2000
4.2.2
Les espèces élevées
* Les ovins et caprins sont très importants dans la commune. Dans chaque
famille, on rencontre au moins deux (2)
a trois (3) animaux.
* Les bovins sont élevés par une certaine catégorie de la
population sans distinction d'ethnie ou
de sexe, mais aussi par des groupements villageois. Ces espèces sont surtout
utilisées dans les travaux agricoles .
* Les porcins sont très répandus, seulement le suivi n'est pas
rigoureux au niveau des propriétaires. Ils sont mal logés, mal entretenus pour
la plupart. Leur alimentation est constituée de drèches de dolo
et parfois de son cubé.
* Les asins sont surtout utilisés pour le transport et les
labours avec charrue par attelage.
Après les récoltes, ils
sont laissés à eux-mêmes dans la nature.
4.2.3 Les différents types d'élevage
- L'élevage extensif sédentaire : il
concerne surtout les bovins, les petits ruminants, tous les animaux de trait et
la volaille. Le gardiennage est familial et est l'activité des enfants.
Cependant.
lorsque les effectifs sont importants, ils sont confiés à un
Peuhl, à ce moment, le gardiennage est salarié. Ce salaire peut être en espèce
ou en nature.
- L'élevage semi intensif : ce type
d'élevage est beaucoup pratiqué par les femmes qui ne disposent que de quelques
effectifs et concerne surtout les porcs. Les animaux sont souvent laissés à
eux-mêmes et bénéficient quelque fois de SP AI.
- L'embouche : elle consiste à stabiliser les animaux en un
endroit où ils reçoivent une alimentation rationalisée et un suivi sanitaire
rapproché. Cette technique a été soutenue par les bailleurs de fonds qui
accordent des petits crédits aux producteurs.
4.2.4 Personnel et structures
d'encadrement
La commune n'a pas un
personnel spécifique au niveau du service d'élevage. Le spécialiste de zone en
production animale couvre le département y compris la commune. En plus de ses
tâches de supervision, il est chargé de l'inspection de la viande au niveau de
la commune. Dans ces activités, il est appuyé par le Directeur provincial de
l'élevage et du Technicien Supérieur en Production animale.
La commune compte 4
groupements d'éleveurs soit 2 groupements hommes et 2 groupements féminins. Ces
groupements qui ont bénéficié de petits crédits pour la conduite de leurs
activités ont souvent travaillé en étroite collaboration avec le service de
l'élevage.
4.2.5 Infrastructures pastorales
Il n'existe pas de
pharmacie vétérinaire au niveau de la commune mais le service d'élevage assure
la fourniture de certains produits pour le traitement des différentes
pathologies.
Aucun document officiel ne
définit les pistes à bétail mais il existe des pistes officieuses qui sont
exploitées.
La commune dispose d'un
seul parc de vaccination situé sur la route de Yaba, dans le secteur 6 et
draine tous les éleveurs des localités environnantes. En hivernage, ce parc est
inaccessible. Comme autre infrastructure, il y’a une aire d'abattage aménagée
sur la route de Koin. ,.'
4.2.6 Santé animale ( les principales
pathologies)
La commune de Toma est
l'une des agglomérations dont les animaux connaissent encore les pathologies telles que le charbon
symptomatique, la péripneumonie contagieuse bovine, les pasteurelloses bovines, ovines, caprines et
la maladie de new castle. A ces pathologies, il faut
ajouter les parasitoses internes et externes, les maladies carentielles, les
traumatismes. Parmi toutes
ces affections, les plus courantes sont les parasitoses
internes, les maladies carentielles. La lutte
contre toutes ces pathologies est menée d'une part avec les anti helminthiques et d'autre part par la vaccination.
4.2.7 Alimentation du cheptel
L'alimentation des animaux
est assurée en général par le pâturage naturel en hivernage et des résidus de
récoltes en saison sèche. Bien qu'il existe des potentialités pour la culture
fourragère (disponibilité des semences), aucun intérêt n'est accordé à cette
pratique.
Au cours des deux dernières
années, la commune a enregistré une pluviométrie acceptable, les pâturages
naturels biens fournis ont permis à certains éleveurs
d'expérimenter la fauche et la conservation du fourrage. Et pour faire face au
manque d'aliments en saison sèche, d'autres ont collecté des résidus de
récoltes (tige de mil, fans d'arachide, de niébé, etc.) en quantité abondante
pour leurs animaux .
L'alimentation des animaux
se fait aussi à partir des Sous Produits Agro Industriels (SPAI) (tourteaux et
graines de coton, etc.) qui viennent combler le manque d'aliment, car en saison
sèche, le pâturage est pauvre et rare.
4.2.8 Produits de l'élevage
Les produits de l'élevage
sont constitués de cuirs, peaux, viande, (oeufs et lait (abondants en saison des
pluies) .Dans l'ensemble, on remarque une augmentation des produits au cours de
ces dernières années mais la production est faible au niveau des ovins.
Au marché, il existe deux
points de vente de petits ruminants (ovins, caprins) et de porcins. La vente de
viande de porc a lieu à l'intérieur du marché dans un endroit aménagé tandis
que le second site réservé aux autres bouchers est en réaménagement.
Tableau 11 : Production des cuirs et peaux au niveau de la
commune de Toma
|
Année |
Cuirs |
Peaux séchées |
|
|
Moutons |
Chèvres |
||
|
1998 |
60 |
40 |
1.123 |
|
1999 |
150 |
660 |
2.073 |
|
1er au 30/04/2000 |
21 |
197 |
586 |
Source: DPRA Toma mai 2000
Le nombre de porcs abattus
dépasse les effectifs disponibles au niveau de la commune, comme l'atteste le
tableau des abattages contrôlés ci-dessous. Ceci s'explique par le fait que les
animaux destinés à l'abattage proviennent pour la plupart des localités
environnantes.
Tableau 12 : Evolution des abattages contrôlés dans la commune
de Toma
|
Année |
Bovins |
Ovins |
Caprins |
Porcins |
Asins |
|
1998 |
63 |
465 |
1.270 |
1.250 |
171 |
|
1999 |
162 |
693 |
2.476 |
2.048 |
286 |
|
au 30/04/2000 |
21 |
197 |
586 |
605 |
98 |
Source: DPRA Toma mai 2000
4.2.9 Mouvements commerciaux
En l'absence de marché à
bétail, le circuit de commercialisation du cheptel n'est pas organisé. Le
commerce qui porte sur les petits ruminants et les porcs se déroule sur place
entre acheteurs locaux (bouchers) et éleveurs. De façon sporadique, des
acheteurs des centres urbains de Koudougou, Ouaga s'approvisionnent dans la
commune de Toma. La faiblesse de ces mouvements expliquerait le manque de
statistiques.
4.3 LES UNITES ECONOMIQUES
En réalité, les petites et
moyennes entreprises et industries sont presque inexistantes dans la commune de
Toma. Les principales unités économiques sont. les
cabarets, suivis des moulins, de quelques unités de soudure (non fonctionnelles
actuellement) et d'unités de fabrication de savons.
La plupart des intervenants
de ce secteur sont mal connus et mènent une exploitation de type familial.
L'activité est reléguée au second plan après l'agriculture car elle n'occupe
pas en plein temps les acteurs.
Les 14 moulins recensés
dans la commune couvrent les sept (7) secteurs de Toma. Les moulins
transforment les grains ( de mil, sorgho) en farine et
contribuent énormément dans la fabrication du
dolo
(bière de mil).
Les unités de fabrication
de la bière du mil sont nombreuses. La commune compte soixante quinze (75)
cabarets, lieu de préparation et de vente du dolo. Au
niveau de ces cabarets, environ 3 à 4 femmes préparent le dolo.
La préparation a lieu en moyenne deux à trois fois par semaine. Pour une femme
propriétaire de cabaret, les charges récurrentes, de l'ordre de 7.300 F CF A
portent sur les dépenses suivantes :
Bois :
2.000 F CFA
deux tines de mil : 4.500 F CFA
frais de mouture : 250 F CF A
Eau : 300 F CFA
Levure : 50 F
CFA
Taxe de collecte : 200 F CF A
Total : 7.300
F CFA
Quand le cabaret est loué,
le locataire doit en plus des charges ci-dessus, laisser 9 litres (soit 900 F)
au propriétaire. La production totale est de 80 litres, soit 4 bidons (de 20
litres) x 2.000 F CFA soit 8.000 F CFA.. Le bénéfice
net par préparation est alors de 700 F CFA, sans compter les résidus (drèche et, charbon) qui sont aussi vendus ou
autoconsommés. La patente annuelle est de 15.000 F CFA
Aux côtés de ces femmes
vendeuses, il existe une autre catégorie de femmes revendeuses qui
s'approvisionnent en dolo dans les cabarets pour le
revendre ensuite. Elles échappent au paiement de la taxe de collecte et à la
Contribution du Secteur Informel (CSI).
La plupart des femmes ont
bénéficié d'un petit crédit pour mener cette activité. Les remboursements
s’effectuent sans difficultés majeures, car en plus de la vente du dolo, elles associent le petit commerce de beignets, de
galettes, de croquettes, de légumes, etc.
Il faut noter que ces
unités utilisent d’énormes quantités de bois de chauffe et pour pallier cette
difficulté, le Service Provincial de l'Environnement, des Eaux et Forêts
sensibilise les productrices de bière de mil à l'utilisation de foyers
améliorés.
Une des activités non
négligeables de femmes est la cueillette des produits sauvages essentiellement
constitués d'amandes de karité, de fruits de néré, de graines d'oseille. Une
partie de ces produits alimente pour la plupart les unités de production telles
que la fabrique de savon, la fabrique de farine misola,
etc. tandis que l' autre partie est destinée à la
consommation familiale.
4.4 EMPLOI
Comme signalé plus haut, la
quasi totalité de la population communale est avant tout agricole. C'est dire
donc qu'elle s'active dans les champs pendant l'hivernage. Mais dès que la
saison sèche s'installe, la grande partie de cette population active reste désœuvrée
pendant 6 à 8 mois exceptés
quelques uns qui opèrent dans le secteur informel (menuiserie,
petit commerce, artisanat, etc.).
S'agissant des emplois rémunérés, il
faut dire qu'ils sont particulièrement rares non seulement à cause de l'absence
d'un secteur industriel exigeant une main d’œuvre abondante, mais aussi de la quasi inexistence des petites unités économiques.
Les statistiques du Service
Provincial de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) font état
seulement de 12 employeurs immatriculés dont 4 employeurs physiques et 8
employeurs moraux, Sur l'ensemble des
travailleurs immatriculés, environ 62,5% relèvent du CAFT.
La réorganisation du secteur informel
qui occupe un nombre important d'employés considérés comme des aides familiaux
(sans salaire), permettrait d'améliorer les inscriptions au niveau de la CNSS.
4.5
ENERGIE ET EAU
4.5.1
/ Energie
*
Le bois de feu
Le bois qui constitue la
principale source d'énergie des ménages devient de plus en plus rare dans le
domaine de la commune. L' approvisionnement a lieu
dans un rayon de 10 à 17 km. La coupe du bois est une activité pratiquée par
bon nombre de jeunes, surtout en saison sèche. Par jour, le service de
l'environnement enregistre en moyenne 10 charrettes. En outre, la coupe du bois
prend des proportions importantes lors des funérailles (en fin du mois) et des
fêtes coutumières. Le service de l'Environnement a entrepris d'associer les
bûcherons à la gestion des ressources floristiques en les organisant au sein
d'une association.
Sur le plan de la
production, il existe deux pépinières et plusieurs pépiniéristes au niveau de
la commune de Toma. Leur production est limitée, eu égard à la faible demande
des populations.
Au niveau du CAFT, la
production est privée, elle est destinée à la vente, qu'aux besoins de
formation.
Des efforts doivent être
poursuivis dans la sensibilisation des populations quant-à une utilisation
rationnelle du bois. Des reboisements collectifs et individuels contribuent à
la reconstitution du couvert végétal. La subvention des cuisinières solaires
par Waden au profit de la commune à
réduit la consommation de bois de chauffe.
*
Charbon de bois
Ce produit est surtout
utilisé par les personnes âgées pour réchauffer les maisons pendant la période
de froid. Il est aussi utilisé dans la cuisine. Le charbon est obtenu à partir
des résidus du bois utilisé pour la préparation du dolo
et non dans des fours spécialisés comme on en voit ailleurs.
*
l'énergie électrique
Selon une étude réalisée en
1997 par la Société Nationale d'Electricité du Burkina (SONABEL),
l'électrification de la ville de Toma peut se faire, soit par ligne
d'interconnexion à partir de Tougan comme prévu dans le Schéma Directeur
d'Electrification du Burkina, soit par l'installation d'une mini centrale
Diesel isolée sur place.
Les calculs économiques
permettant de comparer les solutions envisagées montrent que l'opération est
dans tous les cas non rentable comme dans la plupart des centres secondaires.
Depuis 1997, la situation a
beaucoup évolué et la négociation d'une subvention non remboursable semble être
l'alternative, afin de minimiser le déficit d'exploitation.
*
l'énergie solaire
La commune a bénéficié
d'une opération d'éclairage subventionnée par l'Etat, ce qui a permis
l'électrification (à partir de plaques solaires) de certains services tels que
le Haut Commissariat, le CLAC, la Santé, la préfecture mairie, la maison de la
femme, le lycée provincial, ainsi que l'installation de quatre ( 4) lampadaires publics sur la RN23.
*
les hydrocarbures
Une seule station d'essence
ELF installée dans la commune assure la distribution des produits pétroliers.
Elle est gérée par un privé. Les principaux produits sont le pétrole,
l'essence, le gasoil et les lubrifiants. Les cuves ont une capacité respective
de 6.000 m3 ; 11.000 m3 et 4.000 m3.
Le rythme de ravitaillement
est régulier et a lieu 2 fois par semaine à partir de Bingo à Ouagadougou, par
une citerne si bien que les ruptures sont rares.
Les installations (pompes)
bien que mécaniques présentent un état passable et la qualité des prestations
est appréciée par les populations. La distribution a lieu tous les jours de 6
heures à 19 heures.
La station dessert aussi
bien la population de la commune que celle des villages limitrophes. Elle ne
commercialise pas le gaz utilisé dans quelques rares foyers pour la cuisine.
Tableau 13 : Statistiques des ventes de produits pétroliers de
la station ELF Toma
|
Produits en litres Période |
Essence |
Gasoil |
Pétrole |
Essence mélange |
Huile 2 temps |
Huile 40 |
|
Février 2000 |
11.951 |
8.866 |
9.224 |
6.725 |
346 |
169 |
|
Mars 2000 |
14.694 |
8.944 |
8.658 |
7.721 |
503 |
162 |
|
Avril 2000 |
14.312 |
11.137 |
5.288 |
8.397 |
401 |
196,5 |
Source: station ELF de Toma
/ mai 2000
4.5.2
EAU
Comme le tableau de
répartition des points d'eau l'indique, tous les secteurs de la commune
disposent au moins d'un point d'eau potable fonctionnel. Sur les 59 points
d'eau recensés à travers la commune, 7 forages et 4 puits à grand diamètre ne
sont pas fonctionnels. Les 48 autres points d'eau assurent durant toute
l'année, l'alimentation de la population communale en eau potable.
C'est au niveau du secteur
5 que sont concentrés les points d'eau fonctionnels (14 dont 13 appartenant à
la mission catholique et au CAFT).
Au regard des normes
nationales ( 300 hbts par
point d'eau ), la couverture en eau est satisfaisante car le ratio
population/point d'eau potable est de 272 habitants par point d'eau (sans les
points d'eau potable de la mission et du CAFT).
Tableau 14 : Répartition des points d'eau par secteur
|
Localisation |
Population |
Forage |
Puits à diamètre |
||||
|
Fonctionnel |
Non fonctionnel |
Total |
Fonctionnel |
Non fonctionnel |
Total |
||
|
Secteur 1 |
2.464 |
3 |
0 |
3 |
4 |
1 |
5 |
|
Secteur 2 |
1.392 |
2 |
0 |
2 |
3 |
0 |
3 |
|
Secteur 3 |
1.192 |
2 |
1 |
3 |
5 |
0 |
5 |
|
Secteur 4 |
1.044 |
3 dont 1 lycée |
0 |
3 |
3 |
0 |
3 |
|
Secteur 5 |
1.143 |
7 dont 6 CAFT |
1 |
8 |
7 dont 5 CAFT et 2 Mission |
0 |
7 |
|
Secteur 6 |
|
0 |
2 |
2 |
2 |
0 |
2 |
|
Secteur 7 |
1.793 |
2 |
2 |
4 |
2 |
2 |
4 |
|
Kisson |
508 |
2 |
1 |
3 |
1 |
1 |
2 |
|
Total |
|
21 |
7 |
28 |
27 |
4 |
31 |
Source: DREP/BMHN,
Préfecture mairie de Toma, mai 2000
4.6 TRANSPORTS ET COMMUNICATIONS
4.6.1 Transports
L'activité de transport
n’est pas intense au niveau de la ville de Torna.
Elle est beaucoup axée sur le transport inter urbain de personnes et de
marchandises.
En ce qui concerne le
transport inter urbain de passagers, une ( 1) société
et sept (7) transporteurs individuels se partagent le trafic:
- la Société de Transport Gourcy et Frères
(STGF) assure quotidiennement la liaison Toma - Ouagadougou.
- des transporteurs individuels de passagers
selon la disponibilité des clients, assurent les lignes suivantes :
·
Un
(1) sur l'axe Toma- Dédougou;
·
Deux
(2) sur l'axe Toma-Koudougou (RN21);
·
Un
(1) sur l'axe Toma- Bobo Dioulasso tous les jours;
·
Deux
(2) sur l'axe Toma-Ouagadougopu tous les jours;
·
Un
(1) sur l'axe Toma-Gassan tous les cinq jours.
Pour le transport de
marchandises, quelques camions se partagent le trafic, selon les besoins. Le
transport de marchandises concerne surtout les produits manufacturés et
agricoles.
Le transport inter village
est surtout assuré par les vélos, les mobylettes, les charrettes asines et les
motos.
Toma dispose d'une aire de
stationnement qui n'est pas dotée d'infrastructures modernes. Seul un hangar en
tôle s'y trouve. Aussi, n'est -elle pas fréquentée par
les transporteurs qui stationnent un peu partout dans la ville.
Aucune route (nationale,
départementale) passant par Toma n'est bitumée; l'état des routes laisse à
désirer et certaines mêmes sont impraticables, voire coupées pendant la saison
des pluies. Ce sont les principales routes reliant Toma aux centres urbains.
Sur le plan
organisationnel, il existe un syndicat des transporteurs à Toma, mais qui n'est
pas fonctionnel. Le secteur des transports est encore embryonnaire. Ceci est
compréhensible, dans la mesure où l'intensité des transports est le plus
souvent étroitement lié au dynamisme économique de la
localité.
4.6.2 Communications
La Société National des
Postes (SONAPOST) de Toma occupe une place prépondérante dans la commune. ElIe
rend des services énormes à travers ses multiples produits.
Le bureau de poste compte
58 Boîtes Postales louées (BP) de types petits modèles dont 50 appartenant aux
privés et 8 aux officiels répartis sur l'ensemble de la zone. Pour ce qui est
des grands modèles, on compte 6 privés et 2 officiels soit 8 boîtes postales au
total.
Au
niveau des activités financières,
les recettes sont constituées paria vente des timbres, les redevances des BP,
des versements "Caisse Nationale d'Epargne" (CNE) et des dépôts
"Comptes Courants Postaux" (CCP). C'est au niveau des versements CNE
que la SONAPOST arrive à réaliser de recettes appréciables mais les épargnants ne
pouvant pas obtenir de crédit auprès de la poste suspendent leurs opérations
pour s'orienter vers les banques.
Par rapport aux mandats,
ceux payés au niveau local sont plus importants que les mandats émis à tel
point que souvent des appels de fonds ont lieu au niveau de certains bureaux de
poste.
Au niveau de l'acheminement des
courriers, la SONAPOST a signé un contrat avec la STGF qui assure
l'acheminement des courriers vers Ouagadougou. A l'intérieur de la province, ce
travail est assuré par deux (2) courriers cyclistes.
Tableau 15 : Evolution des opérations financières de 1995 à 1999
|
Rubriques |
Année |
||||
|
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
|
|
Vente tirnbre |
1.625.333 |
1.755.895 |
1.952.380 |
2.618.292 |
2.059.890 |
|
Redevance BP |
458.000 |
420.000 |
455.500 |
463.000 |
471.000 |
|
Versement CNE |
37.746.946 |
53.104.065 |
57.085.224 |
65.757.845 |
74.365.943 |
|
Remboursement CNE |
19.821.256 |
35.259.305 |
45.328.721 |
56.808.286 |
43.794.593 |
|
Dépôt CCP |
|
|
|
16.480.249 |
13.488.573 |
|
Retrait CCP |
|
||||