MONOGRAPHIE
DE LA COMMUNE DE TOMA
RAPPORT
DEFINITIF SAGEDECOM DREP / B.M JUILLET 2000 |
Version
électronique réalisée par la Direction du Projet Inforoute des Collectivités
Locales
Avril 2003 |
TABLE DES MATIERES
CHAPITRE I : CADRE PHYSIQUE ET ADMINISTRATIF
1.1 Cadre physique
1.1.1 Situation géographique
1.1.2 Climat
1.1.3 Relief
1.1.4 Sols
1.1.5 Géologie
1.1.6 Réseau hydrographique
1.1.7 Végétation
1.2 Cadre Administratif
1.2.1 Evolution administrative
1.2.2 Services techniques, administratifs et
partenaires au développement
1.2.3 Coopération décentralisée
2.1 Etat de la population
2.1.1 Historique du peuplement
2.1.2 Evolution de la population
2.1.3 Structure par âge et par sexe de la
population
2.1.4 Population active
2.2 Mouvements de la population
2.2.1 Natalité
2.2.2 Mortalité et morbidité
2.2.3 Migrations
2.3 Ménages
2.3.1 Structure par âge et sexe des chefs de
ménage
2.3.2 Taille des ménages
2.3.3 Revenus des ménages
2.4 Ethnies
2.5 Religions
2.6 Habitat
2.6.1 Type d'habitat
2.6.2 Matériaux utilisés dans la construction
2.6.3 Mode d'éclairage
2.6.4 Mode d'approvisionnement en eau
2.6.5 Type d'aisance.
CHAPITRE III : ORGANISATION SOCIALE
3.1 Pouvoir politique traditionnel
3.2 Pouvoir politique moderne
3.3 Système de parenté (les différentes formes de
mariage)
3.3.1 Mariage coutumier
3.3.2 Mariage moderne
3.4 Place de la femme dans la société
CHAPITRE IV: ACTIVITES ECONOMIQUES
4.1 Agriculture
4.1.1 Terres agricoles
4.1.2 Productions
4.1.3 Céréales
4.1.4 Cultures de rentes
4.1.5 Bilan céréalier
4.1.6 Structures d’encadrement
4.2 Elevage
4.2.1 Effectifs du cheptel
4.2.2 Les espèces élevées
4.2.3 Différents types d'élevage
4.2.4 Personnel et structures d'encadrement
4.2.5 Infrastructures pastorales
4.2.6 Santé animale (les principales pathologies)
4.2.7 Alimentation du cheptel
4.2.8 Produits de l'élevage
4.2.9 Mouvements commerciaux
4.3 Les unités économiques
4.4 Emploi
4.5 Energie et Eau
4.5.1 Energie
4.5.2 Eau
4.6 Transport et communications
4.6.1 Transport
4.6.2 Communications
4.7
Commerce
4.7. Infrastructures
4.7.2 Produits
4.7.3 Circuits de commercialisation
4.8 Tourisme et hôtellerie
4.9 Pêche et chasse
5.1 Santé
5.1.1 Principales maladies
5.1.2 Comportements et Attitudes à l'égard de la
maladie
5.1.3 Infrastructures et équipements
5. 1.4 Personnel de santé
5.1.5 Les partenaires de la santé
5.1.6 Taux de couverture vaccinale par tranche d'âge
suivant les grandes endémies
5.1.7 Dépenses de santé
5.1.8 Poids à la naissance
5.2 Action sociale
5.3 Education
5.3.1 Infrastructures scolaires
5.3.2 Répartition des infrastructures scolaires par
niveau
5.3.3 Personnel enseignant par catégorie
5.3.4 Effectifs scolaires par sexe
5.3.5 Alphabétisation
5.3.6 Centres de formation
5.4 Arts, culture, sports et loisirs
5.4.1 Arts et culture
5.4.2 Sports et loisirs
CHAPITRE VI : RESSOURCES FINANCIERES
6.1 Evolution du budget communal
6.2 Recettes
6.3 Dépenses
CHAPITREVII : CONTRAINTES ET ATOUTS DE LA COMMUNE
CHAPITRE VIII : PERSPECTIVES ET RECOMMANDATIONS
LISTE DES ABREVIATIONS
ACCT : Agence de
Coopération Culturelle et Technique
ADRTOM : Association pour
le Développement de la Région de Toma
AHPHYSTO : Association des
Handicapés Physiques et Sympathisants de Toma
AIB : Agence d'Information
du Burkina
APE : Association des
Parents d'Elèves
CAFT: Centre d'Animation et
de Formation de Toma
CAPTEAO : Conférence des
Administrations Postales et Télécommunications des Etats d’Afrique de l'Ouest
CDP : Congrès pour la
Démocratie et le Progrès
CEG : Collège
d'Enseignement Général
CEP : Certificat d'Etudes
Primaires
CLAC : Centre de Lecture et
d'Animation Culturelle
CM : Centre Médical
CMA : Centre Médical avec
Antenne chirurgicale
CNE : Caisse Nationale
d'Epargne
CNSS : Caisse Nationale de
Sécurité Sociale
CREN : Centre de
Récupération et d'Education Nutritionnelle
CSI : Contribution du Secteur
Informel
CSPS : Centre de Santé et
de Promotion Sociale
DPA : Direction Provinciale
de l'Agriculture
DPEBA : Direction
Provinciale de l'Enseignement de Base et de l'Alphabétisation
DPRA : Direction
Provinciale des Ressources Animales
DREP / B.M : Direction
Régionale de l'Economie et de la Planification / Boucle du Mouhoun
FAP : Femmes en Age de
Procréer
IB : Initiative de Bamako
INSD : Institut National de
la Statistique et de la Démographie.
JNV : Journées Nationales
de Vaccination
NOVIB : Organisation Néerlandaise
de Développement Internationale
OMS : Organisation Mondiale
de la Santé
ONA TEL : Office National
des Télécommunications
PACEB : Programme d'Appui
Canadien à l'Enseignement de Base
P AM : Programme
Alimentaire Mondial
PDP : Parti pour la
Démocratie et le Progrès
PDSN : Projet de
Développement Santé et Nutrition
PEV : Programme Elargi
de Vaccination
RDA : Rassemblement
Démocratique Africain
RSI : Régime Simplifié
d'Imposition
SAGEDECOM : Service d'Appui
à la Gestion des Communes
SDAU : Schéma Directeur
d'Aménagement Urbain
SM : Santé Materne\le et
Infantile
SONABEL : Société Nationale
d'Electricté du Burkina
SONAPOST : Société
Nationale des Postes
SPAI : Sous Produits
Agro-industrielles
STGF : Société de Transport
Gourcy et Frères
UAA : Unité d'Animation
Agricole
UGPN : Union des
Groupements de Producteurs du Nayala
INTRODUCTION
Toute la problématique du
développement qui se pose au Burkina Faso, pourrait de façon succincte, se
traduire par le déséquilibre permanent entre les besoins immenses de ce pays et
les ressources relativement limitées dont il dispose.
De là découle l'impérieuse
nécessité d'une gestion rationnelle et rigoureuse de l'économie dans toutes ses
dimensions.
A la suite des nombreuses
expériences menées dans ce sens, et en dépit des résultats positifs enregistrés
çà et là, la question du développement qui reste toute entière, méritait d'être
revue dans sa forme et dans son fond: le développement doit revêtir un « visage
humain »et se doit d'être durable.
La préoccupation majeure
des autorités politiques et administratives au vu de tous ces aspects, demeure
à l'heure actuelle la promotion d'un développement qui, tenant compte des
aspirations de toutes les couches sociales, se voudrait harmonieux, planifié et
participatif.
Depuis 1990 donc, le
Burkina Faso est en train de procéder à une profonde refonte de son système
politique et administratif en vue d'atteindre le développement souhaité.
Dans le processus enclenché
à cet effet, la décentralisation constitue un maillon essentiel en ce sens
qu'elle traduit la ferme volonté du politique de redéfinir le rôle de l'Etat
par la responsabilisation des communautés à la base.
C'est conscient des
missions qui leur incombent désormais dans ce processus, que les communes en
tant que collectivités locales, sont en train d'oeuvrer pour un réel
développement à la base.
C'est dans ce cadre que la
réalisation de la présente monographie, outil de référence à toute action de
développement, a été commandée par les autorités de la commune de Toma avec
l'appui du Service d'Appui à la Gestion des Communes (SAGEDECOM).

1.1 CADRE PHYSIQUE
1.1.1 Situation
géographique
La commune de Toma, objet de la présente
étude, se situe dans la province du Nayala qui, avec une superficie de 3.829
km2, s'étend entre le 02° 45' et le 3° 30' de longitude Ouest puis le 12° 20'
et le 12° 55' de latitude Nord. Elle est limitée au Nord par la province du
Sourou, au Sud par la province du Mouhoun, à l'Est par les provinces du Passoré
et du Sanguié et à l'Ouest par les provinces du Mouhoun et de la Kossi.
Située à l'Ouest du département de
Toma, la commune est limitée au Nord par les terroirs de Yaba et de Biba, au
Sud par le terroir de Niémié, à l'Est par les terroirs de Bounou et de Koin et
à l'Ouest par le terroir de Tô. Elle est traversée par la Route Nationale (RN)
N°23, à 190 km de Ouagadougou en passant par Koudougou, à 268 km de
Bobo-Dioulasso en passant par Dédougou, sur la Route Régionale (RR) N° 21. Elle
couvre une superficie de 50 km2 environ et s'étend entre le 2° 51' et le 2° 55'
de longitude Ouest et le 12 ° 42' et le 12 ° 46' de latitude Nord.
La Loi N° 030-99/ AN
du 15 décembre 1999 portant fixation des limites territoriales de communes
urbaines au Burkina Faso, en son article 28 définit les limites de la commune
de Toma comme suit.
à partir du rond-point Sud du marché, retenu comme
point central :
- au Nord
: au kilomètre 5,00 sur la
route de Tougan (Route Nationale n° 21);
- au Sud : au kilomètre 3,00 sur la route de
Réo (Route Nationale n° 21);
- à l'Est : au kilomètre 3,00 sur la route de
Bounou;
- à l'Ouest : au kilomètre 2,5 sur la route
de Gassan (Route Régionale n° 23).
Le village de Kisson qui
relevait jadis du Département de Yaba est maintenant intégrée dans les limites
du terroir de la commune de Toma.
CARTE DE SITUATION DE LA
Commune DE TOMA
1.1.2
Climat
La commune de Toma est
située dans la zone Soudanienne caractérisé par un climat de type pré-guinéenne
avec des précipitations oscillant entre 750 et 800 mm d’eau par an.
Il existe deux
saisons :
-
La
saison pluvieuse qui va de mai à octobre es caractérisé
par la mousson (vent chaud et humide) qui souffle du Sud-ouest au Nord-Es, avec
des températures moyenne se situant autour de25°C.
-
La
saison sèche qui s’étale de novembre à avril est marquée par l’harmattan qui
est un vent chaud et sec. Ce vent souffle du Nord-Est au Sud-Ouest avec des
températures moyennes autour de 35°C. A cette période, l’insolation est
maximale.
Suivant
le tableau 1 ci-après, les pluies sont mal réparties dans le temps, avec une
durée moyenne de 49-50 jours. Par exemple, l’année 1997 a connu de longues
sécheresses tandis que des inondations on été enregistrées en 1999.
Tableau 1 :
Pluviométrie des 5 dernières années de Toma
|
Année |
Hauteur d’eau en mm |
Nombre de jours |
|
1994 |
913,3 |
54 |
|
1995 |
746,7 |
51 |
|
1996 |
739,7 |
44 |
|
1997 |
643,5 |
45 |
|
1998 |
774,5 |
51 |
|
1999 |
974 |
54 |
Source :
DPA/Nayala, mai 2000
1.1.3 Relief
A l’instar du département
et de l’ensemble de la province, le relief de la commune de Toma se caractérise
par sa monotonie. Les formations latéritiques à l’Est et à l’Ouest de la ville
servent de carrières pour les tailleurs de pierre.
Du Nord au Sud de la
commune, les altitudes diminuent progressivement de 290 à 280 mètres. Les
altitudes atteignent leurs minimales au niveau des mares qui se situent de tous
les côtés de la zone d’habitat groupé excepté l’Est.
1.1.4 Sols
La plupart des sols de la
commune comme de l'ensemble de la province sont des sols d'apport alluvial. Il
s'agit de sols sablo-argileux à argilo-sableux. Sur les plateaux latéritiques
impropres à l'agriculture, les sols sont gravillonnaires. Ces sols d'apport
alluvial dits ferralitiques ont une valeur agronomique faible à moyenne,
cependant, ils se prêtent assez facilement aux actions de restauration. .
Toujours est-il que ]es sols du terroir communal assez restreints ne
supportent l'activité agricole de la commune qu'à une très faible proportion.
La plupart des champs des résidents de la commune sont situés hors du terroir
communal et même parfois hors du département de Toma.
1.1.5 Géologie
La commune présente un
aspect. assez simple sur le plan géologique.
L'ensemble du terroir communal repose sur un socle cristallin. Ce socle est
constitué essentiellement de migmatites et de granites indifférenciés.
1.1.6 Réseau hvdrographique
La commune est située en
dehors du chevelu hydrographique que forment par endroits les nombreux cours
d'eau non pérennes, relevant du bassin versant du Mouhoun. Une seule rivière
non pérenne de direction nord-sud longe le côté Ouest de la commune, depuis
Kisson en passant par le Secteur I. Les mares telles que "Yaka Din" (secteur I), "Donti
yala" (secteur 2) et "Séné pièrè" sont temporaires et s’assèchent pendant la
saison sèche.
1.1.7 Végétation
De la zone aménagée à l' extérieur, le terroir communal présente une végétation
variée.
La ville de Toma à l' exception des zones nouvellement loties est assez
ombragée. En effet, aux abords des principales routes et dans les concessions
sont plantées d'espèces exotiques (neem, eucalyptus,
etc.).
Partout, aux alentours des zones
d'habitation, ce sont des plantations plus ou moins denses
d'eucalyptus et de neems qui côtoient de
vieux vergers plantés de manguiers.
Au delà de l'auréole de
plantation et de vergers, nous sommes déjà en zone de champs de case "gouéré" mêlés aux anciennes jachères. Dans les champs
de case, la végétation est constituée de savane parc. En plus de quelques arbres
rabougris, ce sont des arbres dits utiles (néré, karité, pruniers, mimosas,
etc.) qui sont épargnés.
Dans les anciennes jachères
et au delà dans la brousse, la formation végétale caractéristique est la savane
arbustive, fortement dégradée par l'action anthropique et des agressions
diverses. Il faut dire que cette
dégradation est assez poussée sur les plateaux latéritiques. Quelques grands
arbres çà et là sont dispersés dans la strate arbustive.