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MONOGRAPHIE DE LA
COMMUNE DE GOURCY SAGEDECOM Consultants : v André Roch COMPAORE v Dr KAFANDO Pga Rapport définitif Mai 2000 |
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Version électronique
réalisée par la Direction du Projet Inforoute de Collectivités Locales D.P.I.CO.L Janvier 2003 |
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SOMMAIRE
I. PRESENTATION
DE LA PROVINCE DU ZONDOMA
1.1. Les données physiques
1.1.1. La situation géographique
1.1.2. Le relief
1.1.3. Les sols
1.1.4. Le réseau hydrographique
1.1.5. Le climat et la végétation
1.2. Les données démographiques
1.2.1. L'historique du peuplement
1.2.2. L'évolution de la
population
1.2.3. La répartition spatiale de la
population
1.2.4. Les ethnies
1.2.5. Les religions
1.2.6. Les migrations
1.3. L '
organisation administrative et politique de la province
1.3.1. L'organisation
administrative
1.3.2. La situation politique
1.3.3. Les partenaires au
développement
1.4. Les données socio-économiques
1.4.1. Les données économiques de la
province
1.4.2. Les secteurs sociaux
II. ONNEES PHYSIQUES ET SOCIO-DEMOGRAPHIQUES
DE LA COMMUNE
2.1. Les données physiques
2.1.1. La situation géographique et les
limites communales
2. 1.2. La climatologie et
l'hydrographie
2.2. Les données socio-démographiques
2.2.1. L'évolution de la population de
la commune
2.2.2. L'habitat et l'urbanisme
2.2.3. Les us et les coutumes
III. ORGANISATION SOCIALE, POILITIQUE ET ADMINISTRATIVE DE
LA COMMUNE
3.1. L 'historique
de création, l'évolution administrative et territoriale
3.2. L'organisation administrative
actuelle
3.3. Les réalisations des ONG et
associations au bénéfice de la commune
IV.DONNEES SOCIOCULTURELLES DE LA COMMUNE
4.1. La santé
4.1.1. Les infrastructures sanitaires
de la commune
4.1.2. Le personnel
4.2. L'éducation
4.2.1. L'enseignement préscolaire et
primaire
4.2.2. L'enseignement secondaire
4.2.3. L'alphabétisation
4.3. Sports, les loisirs, la culture et
les médias
V.DONNEES ECONOMIQUES ET FINANCIERES DE LA COMMUNE
5.1. Les activités économiques
principales
5.1.1. L'agriculture
5.1.2. L'élevage
5.1.3. Le commerce
5.2. Les activités économiques de
soutien
5.2.1. Le transport et les voies de
communication
5.2.2. L'industrie et l'artisanat
5.2.3. Le tourisme et l'hôtellerie
5.2.4. L'énergie
5.2.5.L'eau
potable et l'assainissement
5.3. Les données financières de la
commune
5.3.1. Le budget communal
5.3.2. Les institutions financières
dans la commune
VI.POTENTIALITES ET CONTRAINTES DE DEVELOPPEMENT
6.1. Les contraintes du développement
communal
6.1.1. Les contraintes d'ordre
physique
6. 1.2. Les contraintes d'ordre
démographique
6.1.3. Les contraintes d'ordre
socioculturel
6.1.4. Les contraintes d'ordre
économique
6.1.5. Les contraintes d'ordre
managérial
6.1.6. Les contraintes d'ordre
institutionnel
6.2. Les atouts et potentialités du
développement communal
6.2.1. Les atouts démographiques
6.2.2. Les atouts socioculturels
6.2.3. Les atouts économiques
VII.PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA COMMUNE
7.1. L '
Analyse prospective
7.1.1.Les
perspectives démographiques
7.1.2..Les perspectives
économiques
7.1.3. Les perspectives
organisationnelles et de gestion administrative
7.2. Les programmes du développement
communal
7.2.1. Le renforcement des capacités
institutionnelles
7.2.2. Le renforcement des
infrastructures urbaines et aménagement urbain
7.2.3. La promotion des petites et
moyennes entreprises
7.2.4. L'habitat et l'urbanisme
7.3. Les projets plausibles du
développement communal
SIGLES
ET ABREVIATIONS
ADMGA : Atelier de développement de la
mécanique générale agricole
AEP : Alimentation en eau potable
AFG : Association des femmes de Gourcy
AFVP :
Association française des
volontaires du progrès
AJ
AT : : Association jeunesse aide-toi
AJES : Association jeune espoir
AJDG : Association des jeunes pour le
développement de Gourcy
ANAR : : Association
nationale d'action rurale
BID : Banque islamique de développement
CAMEG : Central d'achat des médicaments
essentiels génériques
CCTP : Cadre de concertation technique
provincial
CES/
AGF : Conservation
des eaux et des sols agro-foresterie
CES/ORS : Conservation des eaux et des sols,
défense et restauration des sols
CPAT : Commission provinciale d'aménagement
du territoire
CREN : : Centre
de récupération et d'éducation nutritionnelle
CSPS : Centre de santé et de promotion
sociale
DPEBA : : Direction
provinciale de l'enseignement de base
DPA : Direction provinciale de
l'agriculture
DPRA : Direction provinciale des ressources
animales
DRH : Direction régionale de l'hydraulique
ESOP/CD : Etudes-sondages-
opinions pour la croissance et le développement
FAARF : : Fonds
d'appui aux activités rémunératrices des femmes
GADRIS : Groupement d'artisans pour le
développement rural intégré du Sahel
GENYSZ : Gestion des espaces naturels dans le Yatenga. Sourou, Zondoma
GSM : Global system for mobil
communication
GVF : Groupement Villageois Féminin
INSD : Institut national de la statistique
et de la démographie
IST : Infection sexuellement transmissible
IRT : Integrated
rural telephony
JTS : Jeunesse transport Sinfra
LUCODEB : Lutte contre la désertification au
Burkina
MEG : Médicaments essentiels génériques
MST/SIDA : Maladie sexuellement
transmissible/syndrome immuno déficience acquise
OCADES : Organisation catholique pour le
développement économique et social
ONATEL : Office national des
télécommunications
ONEA : : Office
national de l'eau et de l'assainissement
ONG : Organisation non gouvernementale
PAAYSZ : Projet d'appui aux artisans dans le Yatenga, Sourou, Zondoma
RCPB : Réseau des caisses populaires du
Burkina
RGPH : : Recensement
général de la population et de l'habitat
SAGEDECOM: : Service d'appui à la gestion et au développement des
communes
Six
"S" : Savoir
se servir de la sécheresse en savane et au Sahel
SMI : Soins maternels et infantiles
SOGEBAF : Société générale Bamogo
et Frères
SONABEL : Société nationale burkinabè
d'électricité
STGF : Société de transport Gourcy et Frères
STGK : Société de transport Gourcy -Kouka
TBM : Taxe des biens de main morte
REMERCIEMENTS
Au terme de ce travail, les
remerciements de l'équipe des consultants vont à tous ceux qui n'ont ménagé ni
leur temps ni leur assistance technique pour que la monographie de la commune
de Gourcy soit élaborée.
Elle renouvelle sa
gratitude à monsieur Thomas YILI Coordonnateur du SAGEDECOM pour sa confiance.
Ce document est la
résultante de nombreuses rencontres et contacts divers entre les acteurs du
développement communal et les consultants: aux autorités administratives,
coutumières et religieuses de la province du Zondoma,
aux directeurs et chefs de service des niveaux provincial et régional, à la
société civile, l'équipe reconnaissante pour leur exemplaire disponibilité et
leur haute contribution participative.
Cette monographie n'aurait
pu être réalisée sans le don de soi de monsieur Casimir D. SOMDA, Préfet,
Président de la Délégation spéciale de Gourcy.
L'équipe lui dédie toute son admiration et félicite ses collaborateurs pour
leur perspicacité.
Enfin, ses remerciements
vont à l'adresse de toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la
compilation des données et à la mise en page des textes.
INTRODUCTION
La présente étude monographique a été
réalisée par deux consultants dont les principales tâches étaient :
- de fournir aux autorités communales
les données de base socioéconomiques de la commune ;
- d'établir un diagnostic des
différents domaines et secteurs d'activités économiques et sociales ;
- d'esquisser des orientations pouvant
guider les autorités dans la mise en œuvre d'une stratégie de développement
communal.
La ville de Gourcy
est à la fois l'unique commune urbaine et le chef lieu de la province du Zondoma. C'est la raison pour laquelle elle abrite les
sièges de tous les services techniques et administratifs provinciaux, des
associations et ONG qui interviennent sur plusieurs provinces ou sur celle du Zondoma, des agences des structures parapubliques.
La commune bénéficie des prestations de
ces partenaires au développement. Il a donc paru approprié de donner une
présentation succincte mais complète de la province du Zondoma
avant les résultats de la monographie de la commune.
II faut noter en plus, que les
activités socioéconomiques et culturelles de la province et de la commune
s'imbriquent intimement. Les atouts et les contraintes de développement sont souvent
communs aux deux institutions.
v
La méthodologie
La mise en oeuvre de cette étude s'est
déroulée en six phases :
Première phase : La préparation de
l'étude
Cette première étape a été une
rencontre de briefing avec la coordination du SAGEDECOM.
A cette occasion, une clarification relative à la compréhension des termes de
référence a eu lieu. Le contrat de prestation de service a été signé.
La seconde étape a consisté en la mise
à disposition d'une documentation par le SAGEDECOM.
Ensuite, l'équipe a pris des contacts notamment avec l'INSD
et la Brigade topographique pour des informations d'ordre pratique.
Une troisième étape fut la présentation
de l'équipe aux autorités de la commune de Gourcy.
L'équipe a profité de cette occasion pour parachever l'étape de la recherche de
documents. Elle a procédé concomitamment au recrutement et au briefing de deux
enquêteurs autochtones.
Deuxième phase : La collecte des
informations
C'est une étape de recherche sur le
terrain. Tandis que les enquêteurs s'affairaient à passer les fiches de
collecte d'information, l'équipe prenait contacts avec les différents acteurs
du développement communal tant à Gourcy qu'à Ouahigouya. Des rencontres formelles et informelles avec
des sages de la région (autorités religieuses et coutumières) ont permis
d'appréhender les sentiments latents sur les orientations du futur plan,
connaître les hypothèses implicites des solutions aux problèmes posés par le
développement de la commune et enfin recevoir des suggestions et conseils motivés
sur la manière d'aborder certains sujets par rapport au contexte local et à la
sensibilité du milieu spécifique de la capitale historique du Yatenga.
Troisième phase : Le diagnostic du
milieu urbain
Cette phase a concerné l'établissement
d'un diagnostic de la situation socioéconomique de la commune de Gourcy. La compilation de l'ensemble des informations
recueillies s'est opérée par un dépouillement manuel, à partir des fiches
préalablement élaborées.
Elle a permis de mettre en exergue des
contraintes et des potentialités se rapportant à la situation réelle, vécues ou
latentes. Aussi sont-elles regroupées par rapport aux données physiques, démographiques, institutionnelles,
socioculturelles, économiques et
administratives.
Quatrième phase : L'analyse prospective
Le diagnostic met en évidence des
hypothèses plausibles de pistes de solutions. Ces esquisses sont pour la
plupart traduites en besoins de développement exprimés ou pressentis pour les
premiers acteurs, et/ou relevant d'une logique d'analyse de cohérence des faits. Compte tenu du caractère
monographique de l'étude, il n'a pas été tenté une priorité des solutions
pendantes, la prérogative revenant aux premiers responsables de la commune.
Cinquième phase : La définition des
axes de développement et la planification des projets.
Les axes de développement ont été
définis selon la démarche classique. Les problèmes majeurs ou contraints sont
convertis en situations favorables ou potentialités. Aussi, l'ensemble est-il
organisé en programmes à l'intérieur desquels se désagrègent les projets.
L'analyse logique de ses projets oblige le concepteur à un exercice,
prétentieusement probabiliste de planification (classification des projets
selon leurs termes). Il est entendu que l'appréciation appropriée et la
décision opportune relèveront indubitablement de la souveraineté des premiers
responsables de la municipalité et de leurs partenaires au développement.
Sixième phase : La rédaction des
rapports et la restitution
Le rapport provisoire a été produit et
soumis au SAGEDECOM conformément aux délais prescrits dans les termes de
référence. Une restitution des travaux a permis un amendement en première
lecture. Il en a résulté le rapport définitif.
Le chronogramme de l'étude est renvoyé
en annexe 2.
v
Les composantes du rapport
La présente monographie de la commune
de Gourcy se veut un tableau de bord à l'usage des
futurs élus locaux ou un vad mecum,
autoroute de la gestion planifiée pour les besoins des opérateurs économiques,
corps des métiers et acteurs du bien-être socioéconomique des citoyens de son
ressort territorial, de la ville jumelée de Olonne
sur Mer, et des partenaires au développement.
Elle est articulée en sept(7) chapitres.
Le premier chapitre intitulé'
'présentation de la province du Zondoma'’ jette un regard sur la situation de référence
physique, démographique, organisationnelle et socioéconomique.
Du deuxième au cinquième chapitre, les
mêmes éléments constitutifs du diagnostic de la province sont repris en détail,
cette fois-ci, pour les appliquer au domaine communal.
Le sixième chapitre traite des
contraintes et potentialités de développement de la commune de Gourcy.
Le dernier et septième chapitre tente
une analyse prospective qui débouche sur une proposition de projets plausibles.
Ces projets sont organisés en programmes issus d'un examen minutieux de
l'ensemble des projets existants ou en préparation aux divers niveaux national,
régional, provincial, communal, société civile et ONG/associations de
développement. Ces projets retenus ont été planifiés en court, moyen et long
terme.
I . PRESENTATION
DE LA PROVINCE DU ZONDOMA
1.1 Les
données physiques
1.1.1.
La situation géographique
La province du Zondoma
est située au Nord du Burkina Faso. Elle est limitée au Nord et à l'Est par la
province du Yatenga, à l'ouest et au sud
respectivement par celles du Sourou et du Passoré. Sa superficie est de 2O17 krn2.
1.1.2.
Le relief
L'altitude des plateaux latéritiques de
la province varie entre 300 m au sud et de 350 m au nord.
La province du Zondoma
est soumise à une forte dégradation de l'environnement. Les ressources
naturelles telles que l'eau et la végétation se raréfient. Les sols sont pour
la plupart incultes.
1.1.3. Les sols
Les sols essentiellement formés de
plateaux latéritiques sont issus des cuirasses ferrugineuses. Ils sont pauvres
en éléments nutritifs, caractérisés par une profondeur inférieure à la moyenne
nationale et une faible capacité de rétention en eau.
1.1.4.
Le réseau hydrographique
Le réseau hydrographique de la province
est presque inexistant. Le Nakambé est le seul cours
d'eau mais temporaire. Il traverse la province à l'est et coule du nord vers le
sud.
Les ressources en eaux de surface sont
abondantes. La province en compte un certain nombre indiqué dans le tableau n°1
ci-après.
Tableau n°1 Infrastructures d'eau de
surface de la province
|
Désignation |
Localités |
Nombre |
Capacité (1000m3) |
Superficie (Ha) |
Bailleurs |
|
BARRAGES |
Bougounam |
1 |
366 |
- |
« 6S » |
|
Mako |
1 |
780 |
60 |
AFVP |
|
|
Rengueba |
1 |
650 |
- |
« 6S » |
|
|
Koundouba |
|
|
|
|
|
|
Minima-Douré |
|
|
|
|
|
|
Guelba |
|
|
|
|
|
|
BOULIS |
Zindiquessé |
|
|
|
|
|
Fourma |
|
|
|
|
Source :
Commune
de Gourcy 2000
1.1.5.
Le climat et la végétation
Le climat de la province est du type
sub-sahélien. La pluviométrie varie entre 500 et 750 mm de hauteur d'eau par
an. Elle est insuffisante, irrégulière et mal répartie. Cette situation a un
effet négatif sur le développement de la végétation.
La végétation est du type savane
arborée. Le couvert végétal autrefois abondant s'est dégradé progressivement
laissant subsister de nos jours des reliques forestières. Les peuplements
arbustifs sont composés de baobabs, karités, nérés, figuiers, etc.
Le reboisement a introduit les Neems et des arbres fruitiers dans les bas-fonds (manguiers,
etc).
Les feux de brousse ont détruit le
tapis herbacé devenu discontinu et peu fourni. Il est constitué de graminées
pérennes et annuelles. Les espèces les plus courantes sont : Andropogon sp, Cymbopogon sp, etc.
Les effets conjugués de l'érosion
hydrique et éolienne ont dégradé l'environnement.
Cette dégradation se manifeste par la
présence de nombreux terrains dénudés appelés glacis.
Les partenaires au développement
s'appliquent à faire régénérer le couvert végétal par des techniques variées
(CES, ORS, etc).
Contraintes
:
Les aléas climatiques créent un
déséquilibre entre besoins et ressources alimentaires disponibles ;
- l'irrégularité des pluies ;
- la dégradation de l'environnement.
1.2.
Les données démographiques
1.2.1.
L'historique du peuplement
Le royaume du Yatenga,
fondé vers le milieu du XVlè siècle par Naba Yadéga, prince du royaume de
Wogodog enracine ses origines à Gourcy.
C'est là que Naba Yadéga
s'est établi avec sa soeur Tanga-Zougou.
Le jeune royaume dont la capitale fut Gourcy, atteindra son apogée au XVlllè
siècle sous le règne de Naba Kango.
Naba Yadéga a eu trente
neuf (39) successeurs.
Plus près de nous, le village
historique du Zondoma a donné son nom à la province.
Naba Rawa, premier
fils de Ouédraogo est le fondateur du Rawatenga ou du royaume du Zondoma
devenu par la suite royaume du Yatenga sous l'emprise
de Naba Yadéga.
1.2.2. L'évolution de la population
En juillet 1974, Gourcy
est érigé en sous préfecture par ordonnance no74- 054/PRES/ID/DI du 02-07-1974.
Le recensement de 1975 donne pour l'arrondissement de Gourcy,
une population de 117 994 habitants.
La préfecture du Yatenga
comptait six (6) arrondissements. En novembre 1983, Gourcy
est érigé en département par l'ordonnance no83-021/CNR/PRES/IS du 14-11-1983.
Le recensement de 1985 indique, pour le
département de Gourcy qui comptait trente neuf (39)
villages, une population de 52431 habitants.
Les limites de l'arrondissement, du
département de Gourcy et de la province du Zondoma n'étant pas les mêmes, il n'est pas possible de
comparer les résultats des recensements de 1975, 1985, 1996, 1998.
1.2.3.
La répartition spatiale de la population
Les recensements de 1996 à 1998 donnent
la représentation graphique ci-contre.
Tableau N°2 : Répartition de la
population de la province par âge et par
sexe
Source :
INSD/RGPH 96
|
Tranches d’âges |
Province Zondoma |
Départements |
Gourcy urbain |
||||
|
Bassi |
Boussou |
Gourcy |
Léba |
Tougou |
|||
|
0 |
4623 |
674 |
753 |
1602 |
242 |
783 |
569 |
|
1-4 |
17763 |
2220 |
2724 |
6368 |
874 |
3515 |
2062 |
|
5-6 |
9920 |
1408 |
1529 |
1615 |
443 |
1825 |
1100 |
|
7-12 |
26158 |
3591 |
1823 |
9512 |
1262 |
4849 |
3121 |
|
13-14 |
6544 |
848 |
897 |
2344 |
287 |
1191 |
997 |
|
15-19 |
12848 |
1676 |
1858 |
4615 |
611 |
2191 |
1897 |
|
20-64 |
42923 |
5746 |
6044 |
15268 |
2117 |
8031 |
5717 |
|
65 et + |
6656 |
1003 |
797 |
2489 |
353 |
1162 |
852 |
|
ND |
219 |
31 |
46 |
61 |
12 |
47 |
22 |
|
H |
58092 |
7802 |
8668 |
20660 |
2698 |
10649 |
7615 |
|
FCM |
69562 |
9395 |
9803 |
25214 |
3503 |
12945 |
8702 |
|
H+F |
127654 |
17197 |
18471 |
45874 |
6201 |
23594 |
16317 |
D'après les résultats du recensement de
1996, les femmes représentent 54% de la population contre 46% pour les hommes.
La tranche d'âge entre O et 19 ans représente 61% de la population.
1.2.4.
Les ethnies
La population de la province du Zondoma est essentiellement constituée de mossé. Cependant,
il existe des ethnies minoritaires (peulh, rimaïbé, etc).
1.2.5.
Les religions
Les principales religions de la
province sont :
-
L'Animisme: (Religion traditionnelle) ;
-
l'Islam.
-
le Christianisme ( catholicisme, et
protestantisme ).
Le Catholicisme y a implanté la
paroisse depuis le 21 novembre 1955 et le Protestantisme, Eglise des Assemblées
de Dieu, s'y est instaurée depuis 1933.
1.2.6.
Les migrations
Les mouvements migratoires sont
saisonniers. Le principal flux migratoire interne se dirige d'abord en
direction du sud-ouest (province du Houet) ou de
l'ouest (Kossi) où les terres sont encore riches, la
pluviométrie plus clémente, ensuite vers les centres urbains (Ouagadougou,
Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Yako).A
l'extérieur du pays, les migrants vont essentiellement au Ghana et en Côte
d'Ivoire.
1.3.
L'organisation administrative et politique de la province
1.3.1.
L'organisation administrative
La province du Zondoma
a été créée par la Loi n° 09/961 ADP du 24 avril 1996 portant création et
dénomination de quinze ( 15) nouvelles provinces.
La ville de Gourcy,
son chef lieu, occupe un point stratégique pour le développement social et
économique de la province, sur la route nationale no2 (RN2), axe Ouagadougou- Yako-Ouahigouya. Elle est située entre la ville de Yako (chef lieu de la province du Passoré)
et la ville de Ouahigouya (chef lieu de la province
du Yatenga) à 30 Km de la première et à 40 Km de la
seconde. Elle est à une distance de 140 Km de Ouagadougou.
CARTE
ADMINISTRATIVE DE LA PROVINCE DU ZONDOMA

La province comprend cinq (5)
départements (Bassi, Boussou, Gourcy,
Léba et Tougo), une commune
de moyen exercice (celle de Gourcy) et 104 villages
dont la répartition est la suivante :
|
Départements |
Villages |
|
.Bassi .Boussou .Gourcy .Léba .Tougo |
16 16 39 10 23 |
|
Total
|
104 |
1.3.2.
La Situation politique
La vie politique au Burkina Faso a été
très active au cours des dernières années (législatives de juin 1996 et
présidentielles de mai 1997).
La population de la province du Zondoma s'implique réellement dans cette vie politique
notamment lors des législatives de 1997 avec cinq (5) partis reconnus :
I) Alliance pour la Démocratie et la
Fédération (ADF) ;
2) Congrès pour la Démocratie et le
Progrès (CDP) ;
3) Parti Africain de l'Indépendance (PAl) ;
4) Parti pour la Démocratie et le
Progrès (PDP) ;
5) Rassemblement Démocratique Africain
(RDA) .
A I' issue du scrutin du Il mai 1997,
c'est le député du CDP qui défend les intérêts de la province à l'Assemblée
Nationale.
Il faut mentionner la présence d'autres
partis tel que le Bloc Socialiste Burkinabé (BSB). Les autorités politiques
nationales sont représentées dans la province par le Haut Commissaire et les
cinq (5) Préfets, qui s'appuient sur de nombreux partenaires pour la mise en
oeuvre de la politique de développement économique et social définie par le
Gouvernement.
1.3.3.
Les Partenaires au développement
La province du Zondoma,
bien que nouvellement créée, bénéficie de l'appui technique et financier de
nombreux partenaires au développement.
1.3.3.1.
Les services techniques, administratifs et parapublics
Les services techniques, administratifs
et parapublics provinciaux déjà mis en place sont :
A) Les services techniques
I)
La Direction Provinciale de
l'Agriculture (DPA) ; 5) Le Service Provincial de l'Action
2)
La Direction Provinciale des
Sociale et de la Famille (SPASF)
Ressources Animales (DPRA) ; 6) Le
Centre Médical (CM) ;
3)
La Direction Provinciale 7) L'Inspection
de l'Enseignement de
Enseignement de Base et de Base n° 1 (IEP 1) ;
l'Alphabétisation (DPEBA) 8) L'Inspection
de l'Enseignement de
4)
Le Service Provincial de Base
no2 (IEP 2) ;
l'Environnement, des Eaux et Forêts 9) La Perception ;
(SPEEF) ;
B) Les services administratifs de la
sécurité
10)
La Brigade Territoriale de gendarmerie (BT) ;
11)
La Direction Provinciale de la Police Nationale (DPPN)
C) Les
services parapublics
l2)
l'agence de l'ONATEL ; 14) l'agence de la
SONABEL ;
13)
l'agence de l'ONEA ; 15) le bureau de
poste (SONAPOST)
1.3.3.2.
Les ONG et Associations
De nombreuses ONG et Associations
mènent des activités dans des domaines divers
( agriculture, élevage, artisanat, etc. ) :
1)
GENYS/Z
7) AJDG 14) Terre des hommes
2)
PAAYS/Z 8) AFG
3)
ADMGA;
9) AJAT
4)
GADRIS;
10)ANAR ;
5)
Association
11) AJES ;
NAAM ;
12)AFRICARE
6)
Six "S" 13)OCADES
Les zones d'intervention des ONG
GENYS/Z, PAAYS/Z couvrent les provinces du Yatenga,
du Sourou et du Zondoma.
L'intervention des autres ONG et Associations est plus
étendue.
L'ONG AFRICARE vient de s'implanter
dans la province au cours du premier trimestre de l'année 2000. Le programme
LUCODEB et le programme spécial CES/AGF interviennent dans la province.
1.3.3.3.
Les communautés coutumières et religieuses
Les communautés religieuses présentes
dans la province sont :
-
l'Animisme
-
la Communauté musulmane
-
l'Eglise Catholique ;
-
les Eglises Protestantes (Eglise des Assemblées de Dieu, l'Eglise
Pentecôtistes, le Centre d'Evangélisation de Karambiri).
Les autorités coutumières participent
activement au développement socio-économique de la province.
1.3.3.4.
Le jumelage avec Olonne sur Mer
La commune de Gourcy
est jumelée avec la ville française de Olonne sur Mer
qui est son principal partenaire au développement. La signature du protocole de
jumelage a eu lieu le 1210211987 à Olonne.
1.3.3.5.
Les structures d'aménagement du territoire et de concertation
Il existe dans la province une
structure informelle de concertation qui regroupe les autorités administratives
et politiques, les services techniques, les ONG et les associations. Elle est
peu fonctionnelle.
Les autorités politiques et
administratives, en vue de dynamiser la structure de concertation, préparent
des textes pour la création d'une Commission Provinciale d'Aménagement du
Territoire (CPA T) et en son sein un Cadre de Concertation Technique
Provinciale (CCTP).
1.4.
Les données socio-économiques
1.4.1.
Les données économiques de la province
Plusieurs activités sont des sources de
revenus pour la population du Zondoma : agriculture,
élevage, pêche, artisanat, tourisme, etc. L'agriculture et l'élevage demeurent
les principales activités.
1.4.1.1.
L'agriculture
Malgré la pauvreté des sols,
l'irrégularité et l'insuffisance des pluies, les populations travaillent
courageusement la terre pour se nourrir et pour la commercialisation d'une
partie des produits agricoles.
Les cultures pratiquées sont :
1) les cultures vivrières pluviales,
elles se limitent :
v
à
la production céréalière: mil, sorgho, maïs, riz, etc
;
v
aux
cultures de rente: arachides, sésame, fonio, niébé, etc
2) les cultures de contre-saison : patate,
manioc, légumes ;
Les
contraintes sont: la pauvreté des
sols, l'insuffisance des pluies, la dégradation de l'environnement. Face à ces
contraintes, de nouvelles méthodes culturales ont été adoptées : la
construction des sites anti-érosifs, l'irrigation et l'aménagement des sols.
Malgré tout, le déficit céréalier est
endémique.
Tableau n° 3 Bilan céréalier 1998/1999
|
Départements |
Population |
Besoins(T) |
Prod. Brute |
Perte(15%) |
Prod.nette |
Ecart |
|
Gourcy |
68075 |
12934 |
10509 |
1546 |
8763 |
-4171 |
|
Boussou |
19790 |
3760 |
3122 |
430 |
2654 |
-1106 |
|
Léba |
7307 |
1388 |
1000 |
150 |
850 |
-538 |
|
Bassi0 |
18085 |
3436 |
3644 |
584 |
3098 |
-338 |
|
Tougo |
24482 |
4652 |
5545 |
1047 |
4884 |
232 |
|
TOTAL |
137739 |
26170 |
23820 |
3757 |
20249 |
-5921 |
Source :
DPA Zondoma, rapport annuel 1998/1999
1.4.1.2.
L'élevage
La province du Zondoma
est une zone d'élevage. L'élevage des petits ruminants (caprins, ovins ), des porcins, des asins et
de la volaille est pratiquée par une majorité de la population. Celui des
bovins est moins pratiqué en raison de l'insuffisance des ressources en eau et
en aliments de bétail.
La transhumance porte les éleveurs vers
le sud-ouest du pays pendant la saison sèche. Sur la base des vaccinations, le
cheptel est évalué comme suit :
|
Cheptel |
bovins |
ovins |
Caprin |
Porcins |
Asins |
Equins |
Volaille |
|
Nombre |
20 000 |
51 000 |
68 000 |
6 000 |
4 000 |
150 |
11 000 |
1.4.1.3.
La pêche
Le département de Tougo
possède un plan d'eau existant depuis la construction du barrage de Dourou sur le Nakambé. Ce plan
d'eau s'étend sur une longueur de 50 Km .
Des pêcheurs, à Tougo,
se livrent à la pêche pendant la période des crues (juillet à septembre) avec
des engins rudimentaires. Les espèces de poissons sont :
1)
Claria anguilaris ( silures) ;
2)
Synodontis forskali
;
3)
Protopterus anectens
(anguilles) ;
4)
Tilapia nilotica
(carpes).
Contraintes
: il n'existe pas de
pêcheurs professionnels; l'inorganisation de la pêche ne permet pas au service
provincial de disposer de statistiques fiables.
1.4.1.4.
Le tourisme
La province du Zondoma
dispose de ressources du tourisme de vision et culturel. L'inexistence de zones
giboyeuses ne favorise pas le développement du tourisme cynégétique.
Les sites historiques du tourisme
culturel sont :
1)
La ville sacrée de Gourcy ;
2)
La tombe de Naba Yadéga,
fondateur du royaume du Yatenga ;
3)
Le village historique du Zondoma qui a donné
son nom à la province ;
4)
Le site d'intronisation des chefs du Yatenga ;
5)
Les hauts fourneaux de Kindibo.
Les ressources du tourisme de vision
sont :
1)
Les crocodiles sacrés de Mako ;
2)
Les crocodiles sacrés de Guelba ;
3)
Les crocodiles sacrés de Rengueba.
1.4.1.5.
L’artisanat
Dans ce domaine, la population
travaille les matériaux tels que l'argile (poterie), les métaux (la forge), le
bois, paille (andropogon). Les produits obtenus sont les suivants :
1)
Les poteries : récipients de ménage (marmites, plats en terre, etc) ;
2)
Le bois: mortiers, pilons, etc ;
3)
La paille (andropogon) : secco ;
4)
Le métal ( fer) : couteaux, houes, etc.
Trois ONG installées au chef-lieu de la
province assurent un appui-conseil dans le domaine de l'artisanat. Ce sont:
ADMGA, GADRIS et PAAYS/Z.
1.4.2.
Les secteurs sociaux
1.4.2.1.L'éducation
Le secteur de l'éducation a réalisé
dans la province quatre vingt (80) écoles primaires dont une(I) privée
protestante, un lycée provincial à Gourcy, un collège
d'enseignement général (CEG) dans le département de Boussou,
un CEG à Tougo, une garderie populaire et six médersas.
La plupart des infrastructures scolaires sont en mauvais état. En outre, elles
ne sont plus en mesure d'augmenter les effectifs. D'où la nécessité de mettre
en place de nouveaux établissements.
1.4.2.2.
La santé
La répartition des seize ( 16) infrastructures sanitaires de la province est la
suivante :
|
Départements |
Infrastructures |
|
Bassi Boussou
Léba Tougo Gourcy |
2 CSPS 2 CSPS et 1 dispensaire I CSPS 2 CSPS 5CSPS,2
dispensaires,1CM |
Il.
DONNEES PHYSIQUES ET SOCIODEMOGRAPHIQUES DE LA COMMUNE
2.1.
Les données physiques
2.1.1.
La situation géographique et les limites communales
La commune de Gourcy
est située entre 2°10 et 2°30 de longitude ouest, et 13°05 et 13°25 de latitude
Nord. Elle est aménagée sur la route nationale no2 (RN2) à 140 Km de
Ouagadougou et à 40 Km de Ouahigouya. La commune
compte cinq (5) secteurs qui s'étendent de part et d'autre de la RN2.
Selon la loi n° 030-99/ AN du 15/12/1999
portant fixation des limites territoriales de communes urbaines au Burkina
Faso, à partir de la place de la préfecture retenue comme point central, la
commune de Gourcy est délimitée :
- au Nord : au kilomètre 7, 600 sur
la route Gourcy-Ouahigouya (RN2) ;
- au Su : au kilomètre 4, 500
sur la route Gourcy- Yako
(RN2) ;
- à l'Est : au kilomètre 8, 00 sur
la route de Tougo ;
- à l'Ouest : au kilomètre 6, 400 sur la
route de Kasséba.
2.1.2.
La climatologie et l'hydrographie
2.1.2.1.
La climatologie
a) Le climat
La commune de Gourcy,
à l'image de la province du Zondoma, est soumise à un
climat de type soudano-sahélien marqué par deux (2)
saisons:
v
une
saison sèche de novembre à avril comportant une période froide de novembre à
février ;
v
une
saison pluvieuse de mai à octobre d'une durée variable d'une année à l'autre.
b) La pluviométrie
La commune de Gourcy
est située entre les isohyètes 500 et 750 mm. Les précipitations sont
irrégulières souvent prononcées entre les mois de juin et juillet. Elles
connaissent également des fins précoces. La saison pluvieuse 1999 a démarré au
mois de mai et s'est terminée en octobre. Il a été enregistré en tout une hauteur de 671,7 mm de pluie répartie en 56 jours.
La moyenne mensuelle a été de 10jours pluvieux dans la période de juin en
septembre. La campagne agricole 1998/1999 a connu un déficit de 173, 7 mm de
pluie par rapport à la campane dernière.
c) La température
Les températures sont caractérisées par
de grandes variations entre le jour et la nuit.
Pendant la saison sèche froide, les
moyennes enregistrées sont de 15°C la nuit et de 37°C le jour. En avril, mois
le plus chaud, la température maximale est de 45°C
2.1.2.2.
L'hydrographie
Les ressources en eau de surface sont
extrêmement limitées. Il n'existe pas de cours d'eau permanent. En dehors de
quelques bas-fonds situés dans le lit du Nakambé
susceptibles de retenir temporairement les eaux, le réseau hydraulique se
limite aux retenues d'eau. On en dénombre deux (2) dans la commune :
v
La
retenue d'eau de Guelba est fonctionnelle et permet
la réalisation de diverses activités économiques: culture de contre saison,
confection de briques en terre. L'eau est utilisée par les entreprises en
mission pour des grands travaux de génie civil. Le tableau suivant en donne la
répartition ;
v
La
retenue d'eau de Kardéga ne retient guère l'eau
au-delà du mois de décembre. Il semblerait qu'une fuite importante cause une
perte énorme d'eau. Sa réparation est souhaitée par les populations qui
connaissent l'avantage que l'on peut tirer d'un tel ouvrage.
En perspective, il semblerait qu'une
étude ait été faite sur le cours d'eau de Séguelgo.
Tableau n° 4: Retenues d'eau dans la
commune
|
Situation géographique |
Dénomination |
Bailleurs de fonds |
|
Secteur 4 |
Guelba |
6S |
|
Secteur 2 |
Kardéga |
6S |
2.2.
Les données socio démographiques
2.2.1.
L'évolution de la population de la commune
Selon Michel Isard3, avant les
indépendances, la population du Yatenga (Gourcy capitale historique) a connu une croissance très
modérée du fait de sa contribution aux travaux forcés, la guerre mondiale,
l'aménagement de l'office du Niger. Il y a également les mouvements de fuite
vers le Ghana pour échapper à ces déportations forcées. Les recensements
étaient faits dans un but purement d'incorporation aux divers travaux et
militaire.
Après les indépendances, les
informations disponibles établissent l'évolution de la population comme
l'indiquent 1 figure 3 et le tableau no5.
D'une façon générale, la croissance
urbaine au Burkina, pour la période 1995-2000 serait de 8,9 %. Toutefois, au
regard du tableau d'évolution entre 1985 à 1996, l'accroissement annuel moyen4
de la population de la commune serait dans les proportions établies à 1.92%
pour le Zondoma.
Il est autorisé de croire qu'à la
faveur de la mise en oeuvre du prochain programme de développement de Gourcy, la tendance actuelle va évoluer à la hausse. Par
exemple, la constitution du tissu urbain à travers les constructions du marché
central, d'un marché à bétail, d'un abattoir et l'extension du réseau
d'adduction d'eau, va assurément engendrer un peuplement de
la commune plus important dans les années à venir.
La structuration de la population
indique des disparités dans les catégories sociales et tranches d'âge (cf.
tableau INSD/RGPH'96/VOL.O3 en annexe) .
Elle consacre ici encore la minorité
dominatrice représentant 7615 hommes contre une majorité relative des 8702
femmes.
La population juvénile de 0-6 ans
représente un effectif de 3731pulpilles avec une prédominance à 55% des 1-4
ans.
Les enfants supposés scolarisables au
primaire atteignent le nombre de 4098. Ceux dévolus au secondaire
représenteraient 1897 garçons et filles. L'école absorberait ainsi environ 37%
de la population juvénile communale.
La proportion des actifs constitués des
20-64 ans5 représente 5717 hommes et femmes confondus soit environ 35 % de la
population communale.
Les personnes âgées (+64 ans)
représentent seulement 5 %. Cependant ils demeurent incontournables et actifs dans
le système gérontocratique du Yatenga (collège des
sages des organisations modernes, animateurs de l'arbre à palabre des
quartiers, ministres des cours royales...)
Tableau N°5: Evolution de la population
de la commune
|
Secteurs Années |
I |
2 |
3 |
4 |
5 |
Total |
|
1985 |
1548 |
3508 |
3669 |
3817 |
1859 |
14401 |
|
1996 |
2910 |
3627 |
4729 |
2899 |
2152 |
16317 |
Source :
Délégation
spéciale Gourcy, avril 2000
2.2.2.
L'habitat et l'urbanisme
2.2.2.1.
La typologie de l'habitat
L'habitat de la commune de Gourcy comprend trois types :
v
L 'habitat traditionnel composé de cases rondes
aux toits de chaume ;
v
L 'habitat moderne en banco composé de maisons de
forme rectangulaire ou circulaire avec la toiture en tôles ;
v
L 'habitat en matériaux définitifs dont les
maisons de forme rectangulaire sont construites en parpaings de ciment ou en
pierre en latérite taillée couverte de tôles, de dalles de ciment ou de tuiles.
2.2.2.2.
L'urbanisme
Le premier lotissement de la commune
date de 1959. Les parcelles à usage d'habitation ou de commerce attribuées sont
au nombre de 871, réparties comme suite :
Secteur I
93 parcelles
Secteur 2 184
parcelles
Secteur 3
216 parcelles
Secteur 4
192 parcelles
Secteur 5
186 parcelles
Le second lotissement commencé en 1995,
terminé en 1996 et réceptionné le 20-02-1997, dont le coût de travaux est
estimé à 20 630 862 FCF A a réalisé au total 1484
parcelles. La commission mise en place n'a pas pu attribuer les parcelles à
cause de la mobilité des préfets.
La contribution d'une nouvelle
commission d'attribution des parcelles sera nécessaire en temps opportun. Une
extension du lotissement est proposée par la brigade topographique en date du
10 mars 1997. Le coût des travaux est estimé à 57359907 FCFA pour la
réalisation d'au moins 1900 parcelles. Les propositions ont été acceptées par
le conseil municipal en date du 9 mai 1998. Il sera nécessaire de déplacer
l'aérodrome et le marché à bétail afin de permettre la réalisation effective de
ce projet.
2.2.2.3.
La voirie
La voirie urbaine a été classée en
trois (3) catégories :
v
une
voirie primaire de par sa fonction constituée par la RN2 qui traverse la ville
du nord au sud. Elle a un emprise de
20 m et est asphaltée sur une largeur de 7 m. Elle est en bon état. Une autre
voirie primaire est l'avenue périphérique. Elle aune emprise de 40 m.
v
une
voirie secondaire qui joue un rôle de liaison inter secteurs avec une emprise
de 20 m
v
une
voirie tertiaire de desserte permettant l'accès aux parcelles. Elle aune
emprise de15 m Exceptée la RN2, les autres voiries n'ont jamais fait l'objet
d'aucun revêtement. Leur état est
médiocre. En saison sèche, elles sont carrossables.
2.2.3.
Les us et les coutumes
Les pratiques coutumières relevant des
traditions ancestrales sont encore légion de nos jours dans la commune de Gourcy.
La chefferie traditionnelle quoique
très éprouvée et « affaiblie » par l'émergence d'un Etat moderne, demeure
encore une force incontournable dans les domaines politiques, économiques,
social et culturel. Ce faisant, les chefs coutumiers demeurent aujourd'hui les
principaux gardiens des coutumes du terroir qu'ils sont chargés de perpétuer.
Outre l'influence de l'Etat central
moderne, l'apparition et l'implantation de religions « nouvelles » (islam,
christianisme) ont considérablement contribué à réduire progressivement
l'influence du pouvoir traditionnel sur la vie sociale. Cependant, en dépit de
ce recul, les traditions locales n'en continuent pas moins à influencer le
déroulement de la vie sociale et à imprégner encore les mentalités. Le chef de
village, appuyé par l'ensemble des structures du pouvoir coutumier reste le premier
gérant de la tradition.
L'omniprésence de la tradition se
manifeste à travers la persistance de pratiques coutumières de socialisation.
Autrefois, l'éducation traditionnelle se déroulait essentiellement à travers
les rites de la circoncision. Même si elle existe aujourd'hui encore, la
circoncision a rendu sa dimension sociale et son caractère collectif ( chaque famille la pratique séparément). II est de même
pour l'excision, dont la pratique a beaucoup évolué, compte tenu de la
transformation du contexte social. Cette pratique est également en perte de
vitesse et apparaît de plus en plus (grâce à un travail de sensibilisation tout
azimut) comme une pratique désuète.
Le mariage traditionnel lui aussi
connaît une certaine évolution dans sa forme et surtout dans son contenu; il a
un caractère de moins en moins contraignant (recul du mariage forcé).
Néanmoins, la demande de femme se fait
toujours par le biais d'un intermédiaire qui vient en premier « saluer » les
parents de la femme à marier. Ensuite, les différentes étapes du mariage sont
observées et le prétendant se doit de s'acquitter de nombreuses obligations
envers sa future belle-famille ( compensations
matrimoniales ou dot, offre de cadeaux, de services. ..) avant de se voir
accorder la main de sa future épouse.
On peut également mentionner la
pratique du lévirat loin d'avoir disparu, cette coutume ancestrale connaît
cependant d'importantes modifications car les nouvelles générations réceptives
aux valeurs de la modernité et/ou de l'islam, répugnent à la pratiquer comme
par le passé. Ce qui prouve bien que les sociétés dites traditionnelles loin de
baigner dans l'immobilisme, sont-elles aussi confrontées au changement social.
La question des funérailles reste
posée. A quand la moralisation de cette pratique ancestrale qui affame ? Les
rites liés aux décès sont couronnés d'ordinaire par des cérémonies funéraires
dispendieuses. Les citadins de la commune de Gourcy
ne font pas l'exception dans le domaine. Le prétexte d'intercéder auprès de
Dieu amène des animistes, catholiques, musulmans à sacrifier leurs économies
chèrement acquises pour organiser qui le Kouré, la
messe de requiem ou le Doa.
III.
ORGANISATION ADMINISTRATIVE DE LA COMMUNE
3.1.
L'historique de création, l'évolution administrative et territoriale
L 'historique de création de la commune est
intimement lié à l'historique de peuplement du royaume du Yatenga
dont Gourcy fut la capitale. La section 1.2.1
précédente en fait un bref développement.
La signification du nom « Gourcy » recouvre plusieurs versions:
v
pour
les uns, Gourcy désigne l'opération d'égrainage du
coton en dialecte mooré avancé par une femme comme
réponse à la question d'un étranger sur l'identité de la localité;
v
pour
les autres, un chasseur migrant d'un village du Boulkièmdé
dénommé Gourcy se serait installé ici en y
transférant le même nom.
L'évolution administrative et
territoriale est la suivante :
Février 1954 : Poste administratif, suite à l'arrêté n°
100/APAS du 26/02/1954;
Août 1954 : Subdivision, à la faveur de l'arrêté
nO6284/ADI du 31/08/1954;
Juillet 1959 : Cercle par décret no97 NPI/ AP AS du
06/07/1959.
Août 1973 : Commune de moyen exercice suite au décret
no73-184/PM/IS/DGI du 10/08/1973 mais non fonctionnelle ;
Octobre 1975 : La ville de Gourcy
commence à fonctionner comme commune ;
Juillet 1974 :
Sous-préfecture par ordonnance no74-054/PRES/ID/DI du 02/07/1974 ;
Novembre l983: Département sur ordonnance
no83-021/CNR/PRES/IS du 14/11/1983 ;
Décembre 1999: Fixation des limites territoriales de
la commune par Loi no030-99/AN du 15/12/1999.
La commune de Gourcy,
étendue sur 250 km², est découpée à nos jours en 5
secteurs géographiques composés des anciens quartiers et villages rattachés
comme suivent :
|
Secteurs |
Anciens quartiers |
Villages rattachés |
Orientations |
|
Secteur 1 |
Rogo Zongo |
Zongo Rogo |
Nord Nord-ouest |
|
Secteur 2 |
Kikirguin-Balongo-Wédransin-Bingo-Tansablogo-Nakomtaoré-Béndogo-Kardega-Vousnango-Loguin-Sandogo-TooNabiliyiri-Ouidi-Koukoinguin-Noungou-Toguin-Rogo-Rogosintané-Rogosilmimossé-Dayargo. |
Rogo Sallaga |
Nord et Est |
|
Secteur 3 |
Ouezzin-Mandéyargo-Sallaga-Zomwéfo-Bonwédogo-Raspouiguin-Kalga-Bisnaba-Tangzougouyargo-Ganzourgou-Boulin-Nongsom |
Sallaga |
Est |
|
Secteur 4 |
Ouéguin-Kagapessogo-Tangzougouyargo-Bingo-Bimbili-Binnagdogo6Tangloguin-Guilla-Sintané-Guelba-Zamsin-Tillimbougouri-Nionniongo |
Kagapessogo |
Ouest |
|
Secteur 5 |
Tockoma-Toguin-Sandogo-Guelba-Sounkouissi-Basnam-Bangasilm-Kimnoayiri |
basnam |
Sud |
3.2.
L'organisation actuelle de la commune
La commune de Gourcy
est organisée comme suit :
v
un
secrétariat
v
un
service domanial
v
un
service de comptabilité.
Son personnel se réduit au Président de
la Délégation Spéciale, au responsable du service domanial, au comptable, à la
secrétaire, à l'agent de liaison et au gardien.
3.3.
Les réalisations des ONG et Associations au bénéfice de la commune
La dernière colonne du tableau
ci-dessous donne les réalisations des ONG/ Associations au profit de la
commune.
Tableau N°6: Situation des
associations, des ONG de développement et d'autres partenaires
|
dénomination |
Dates de création |
Domaines d'activités |
Projets au bénéfice de la commune |
|
|
1 |
ADMA |
1989 |
v mécanique générale
agricole v
formation
des artisans |
v Formation et recyclage
des artisans de la commune v
Production
de matériel agricole et industriel accessible aux populations de la commune |
|
2 |
AFG |
1992 |
v Alphabétisation v
Couture v
Moulin-Maraîchage |
v reboisement v
projet
en instance sur le code des personnes et de la famille |
|
3 |
AJAT |
18/03/96 |
v CES/AGF – Elevage v
Alphabétisation
– santé |
v reboisement v
sensibilisation
sur les IST |
|
4 |
AJES |
02/1996 |
v Santé v
Education v
Environnement |
v Lutte contre les IST/SIDA v
Lutte
contre l'excision v
Embellissement |
|
5 |
AJDG |
1994 |
v Mobilisation des jeunes v
Entretien
des caniveaux |
v réalisation des ponts –
reboisement v
entretien
des routes v
actions
de développement communautaires |
|
6 |
| |||